Franck Passi raconté par son frère Gérald: «Être numéro deux, pour Franck, c'était contre-nature»

FOOTBALL Gérald Passi s'est confié sur son frère cadet Franck, coach en intérim de l'OM...

Propos recueillis par Christine Laemmel

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Franck Passi le 9 août 2015
Franck Passi le 9 août 2015 — NICOLAS TUCAT / AFP

Dans la lumière pour la première fois, Franck Passi, le bosseur, le discret, se retrouve aux manettes de l’équipe première pour au moins un match, face à Reims, ce dimanche 16 août. Certains observateurs le voient déjà y rester. Après trois ans en tacticien de l’équipe réserve, l’adjoint a déjà secondé Elie Baup et Marcelo Bielsa. Joueur lui aussi, à ses côtés à Montpellier puis à Toulouse, de deux ans son aîné, Gérald Passi suit son ascension de près. Désormais recruteur pour l’OGC Nice, le grand frère a répondu à nos questions.

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Ça ressemblait à quoi la vie de famille chez les Passi ?
On a grandi à Béziers. Une belle famille soudée avec un père congolais qui est venu jouer au foot en France. Il a failli être professionnel et nous a transmis cette passion du football. Une maman qui a subi de manière passionnée puisque moi je suis parti de la maison à 16 ans et Franck a suivi deux ans plus tard. Mon père a été entraîneur de foot, puis cadre technique à la Ligue, notre enfance a été bercée par le ballon (…) Chez nous c’était le foot et les études. Il a fallu aller jusqu’au bac et en parallèle on a eu la chance d’intégrer le centre de formation de Montpellier.

Il était comment Franck enfant ?
C’est celui qui a du caractère, qui ne lâche rien, qui s’accroche toujours. Il m’a regardé faire un petit peu mais lui voulait absolument devenir professionnel. C’était un jeune déterminé. Il sait où il va, il a ses convictions, il était même un peu trop fougueux quand il était jeune. On se battait quand on était petit, comme deux frères, c’était un peu la hantise des parents. J’ai deux ans de plus donc j’étais plus fort. J’avais toujours le dessus mais lui, il ne lâchait rien, même s’il était censé perdre la bagarre, il continuait toujours à venir me titiller.

Après, vous vous êtes retrouvés sur le terrain à Montpellier et à Toulouse…
C’est quelqu’un qui justement donne cette envie de gagner et ne rien lâcher. Il a tout de suite été très professionnel, très rigoureux et il le transmettait à ses coéquipiers. C’est pour ça qu’il a été capitaine.

C’est quelqu’un de très sérieux ?
On l’est en général dans la famille, ça fait partie des valeurs qui nous ont été inculquées. Ça explique aussi pourquoi il a été autant apprécié par Bielsa. Il est capable de bosser énormément et de manière pragmatique.

Quel regard portez-vous sur son parcours d’entraîneur ?
C’est un parcours qu’il a fait en travaillant sans passe-droits, en gravissant toutes les étapes. Il a été entraîneur des jeunes, d’amateurs, de CFA, il a été joueur professionnel. Il a un parcours construit et c’est fondamental.

Vous avez déclaré dans une interview en 2014 qu' « être adjoint n’est pas forcément évident compte tenu de sa nature »…
J’ai toujours pensé que Franck était un numéro un. Il a le potentiel et le profil. L’agréable surprise, et c’était vraiment un enjeu pour lui, c’est qu’il a été capable de s’adapter à ce rôle de numéro deux. Au départ, il a fallu qu’il travaille sur lui. Son naturel, c’est d’être numéro un. Dans son caractère, il est taillé pour ça. C’est une étape qui était contre-nature.

Avec le départ de Bielsa et sa nomination en intérim, ce serait le bon timing pour lui alors…
Oui, c’est le bon moment. Mais on est dans le football et on est à l’OM.

Prendre la succession de Bielsa, après le cataclysme que ça a provoqué, ce ne serait pas trop ardu ?
Je pense que les conditions ne sont pas mauvaises. Il aurait un gros challenge à relever mais il a suivi toute la préparation avec les joueurs, il était à leur contact dans leur langue maternelle. Il a acquis une certaine légitimité auprès de l’effectif. Il bénéficie d’une certaine reconnaissance au niveau du club. Et il est au début d’une saison où tout est à faire.