Marseille: Le cours Julien fait sa fête au graffiti

SOCIETE Quatorze artistes participent à la deuxième édition du Street Art Festival...

Mickael Penverne

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Marseille, le 10 juillet 2015n début du Street Art Festival sur le cours Julien. Lancer le diaporama
Marseille, le 10 juillet 2015n début du Street Art Festival sur le cours Julien. — Mickaël Penverne / 20 Minutes

Une quinzaine de graffeurs ont rendez-vous ce week-end sur le cours Julien pour la 2e édition du Street Art Festival. Organisé par Marseille Centre, la fédération des commerces du centre-ville, la manifestation permet à des artistes de s’exprimer en pleine rue, sur les façades des bars et des restaurants, des boutiques de vêtements et même des écoles. Elle consacre aussi le « cours Ju » comme un des espaces majeurs du street art à Marseille.

« Le graffiti fait parti de l’identité de ce quartier depuis les années 80, témoigne Frédéric Lévy, patron du Waaw, un bar branché. Cet espace de liberté a disparu de la plupart des centres-villes. Il n’y a plus que Berlin, peut-être, qui offre de grands espaces ». Il a offert les façades de son bar à Monsieur Chat, alias Thomas Vuille, connu dans le monde entier pour ses chats jaunes et joviaux. Il y a quelques mois encore, l’artiste était poursuivi par la RATP pour avoir décoré la station de métro Châtelet à Paris.

Un argument commercial

A Marseille, Monsieur Chat est venu peindre à visage découvert et au grand jour. Il est même payé pour cela. Marseille Centre a signé une convention avec le groupe Hammerson, propriétaire des Terrasses du Port, pour financer des manifestations culturelles pour « dynamiser » le centre-ville. Le Street Art Festival bénéficie ainsi d'un budget de 20 000 euros, ce qui permet de payer - un peu - les artistes. « C’est comme un cadeau à notre clientèle et au quartier », reprend fièrement Frédéric Lévy.

Le street art fait aujourd’hui consensus. Mieux, il attire les touristes. Les commerçants ont compris l’intérêt de le promouvoir et même d’en faire un argument commercial et marketing. « Les belles fresques attirent les gens. Ils viennent visiter le quartier uniquement pour cela », confirme Catherine Lesage, de l’association des Commerces de la Butte. Les commerçants du cours Julien ne sont pas les seuls à l’avoir compris. Les Puces des Arnavaux ont lancé en juin les travaux d’une gigantesque fresque.

Animaux totem

Pour l’instant, elle recouvre un seul mur mais d’ici trois ou quatre ans, elle devrait faire 12.000 m2 – ce qui en fera la plus grande fresque d’Europe. Et l’élément central d’un « street art tour » qui n’existe pas encore à Marseille. DIRE 132 a participé à cette œuvre collective sur les murs des Puces mais sur le cours Julien, il s’attache simplement à rafraîchir l’une de ses peintures, réalisées un an auparavant, sur la façade d’un restaurant. Âgé de 40 ans, il a connu les débuts du graffiti, cette époque où les graffeurs « se faisaient courser » par la police.

Aujourd’hui, il s’est un peu assagi, ne fait « plus trop d’illicite » et revient « avec plaisir » sur le cours Julien. « Ça fait un petit moment déjà que je fais de la déco, déclare-t-il. Je crois que ça plaît ce que l’on fait, tout simplement ». En face, Olivia de Bona a démarré une fresque sur les murs de l’école primaire. Avec ses bombes, elle esquisse un renard et un pan, deux « animaux totem (et) protecteurs des enfants ». Membre du collectif 9e concept, elle a participé à une résidence à l’exposition Aux Tableaux qui, sans publicité ni promotion, a déjà attiré plus de 3.000 visiteurs.