Marseille: Le port renoue avec le succès sauf sur la Corse

ECONOMIE Le trafic global connait une progression de 6% mais celui vers l'île de Beauté recule de 13%...

Mickael Penverne

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Le port de Fos-Marseille le 17 octobre 2012
Le port de Fos-Marseille le 17 octobre 2012 — Anne-Christine Poujoulat AFP

Le Grand port maritime de Marseille (GPMM) continue de « prendre des parts de marché ». Acteur majeur de l’activité économique dans le département, le GPMM a connu, au premier semestre 2015, une croissance plus forte que la moyenne des ports français et européens. Il a enregistré une augmentation de son trafic de 6 % pendant que les ports de l’Europe du Nord connaissaient une hausse de 4,5 %, ceux de l’Europe du Sud de 2,7 %, et les Français de 1,9 %. Le GPMM reste le 2e port en Méditerranée, derrière Algésiras en Espagne, et le 6e en Europe.

Quels sont les derniers chiffres de l’activité du port ?

A la fin de juin, le trafic global s’élevait à 40,5 millions de tonnes, c’est-à-dire 2,2 millions de tonnes de plus qu’au premier semestre 2014.Toutes les filières du fret connaissent une augmentation : +8 % pour les conteneurs, +7 % pour les vracs liquides et +8 % pour les vracs liquides.

Comment expliquer ces bons résultats ?

Le groupe Canavese, l’un des leaders français du secteur de fruits et légumes frais, a choisi le port de Marseille pour importer ses conteneurs de bananes en provenance de Côte d’Ivoire. Cela faisait une dizaine d’années que l’on n’avait pas vu de bananes sur les quais. La société, qui vend ses fruits sous la marque Kini, importe l’équivalent de 12 à 15 % de la consommation en France. Ensuite, Evergreen, le quatrième armateur mondial, est lui aussi revenu sur le port. Même s’il ne s’agit que d’une rotation par semaine vers la Turquie, cette décision a été présentée comme le retour de la confiance des investisseurs dans le port de Marseille, quatre ans après le dernier conflit social.

Le port de Marseille a aussi bénéficié de la baisse du prix du pétrole brut, favorable aux importations. « Mais cela ne devrait pas durer », a prévenu mercredi Christine Cabau Woehrel, présidente du directoire du GPMM. Les volumes de brut « sont voués à décroître à partir de 2017 », a-t-elle précisé, notamment à cause de la reconversion de la raffinerie de Total La Mède vers les biocarburants. L’impact de cette reconversion pour le port est « en train d’être évalué », a ajouté, sans plus de précision, la patronne du port.

Quels sont les points négatifs ?

Tous les feux sont au vert, sauf un : le trafic des passagers qui accuse un retard de 3 % comparé à la même période de 2014. Paradoxalement, ce n’est pas le trafic vers le Maghreb, et notamment la Tunisie, qui souffre le plus. Au contraire, celui-ci a progressé de 5 %, malgré les récents attentats à Sousse. C’est le trafic vers la Corse qui a connu un coup d’arrêt : -13 %. « On attend tous la résolution de la question de la SNCM qui a été repoussée à l’automne », a déclaré Christine Cabau Woehrel avant de réaffirmer que le GPMM restait « le port pertinent pour le trafic vers la Corse ».

 

Le plus grand paquebot du monde, l’Allure of the Seas, de la compagnie Royal Caribbean, dans le port de Marseille, le 26 mai 2015 - BORIS HORVAT AFP

 

Curieusement, le secteur de la croisière est resté stable en ce début d’année, alors que le nombre de croisiériste ne cesse d’augmenter ces dernières années, passant de 890.000 en 2012 à plus de 1,3 million en 2014. « La saison a été décalée, explique la présidente du directoire. L’année dernière, beaucoup de navires sont arrivés au printemps alors que cette année, ils sont arrivés, pour la plupart, en juin ». La ville a pourtant accueilli, en mai, deux des plus gros paquebots du monde : l’Anthem of the Seas (4.200 passagers) et l’Allure of the Seas (6.400).