VIDEO. Ce que l'on sait sur le vol d'explosifs à Miramas

FAITS DIVERS Entre 150 et 180 détonateurs, des pains d'explosifs et des grenades ont été volés...

M.P.

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Un membre des forces de l'ordre participant à l'opération Vigipirate.
Un membre des forces de l'ordre participant à l'opération Vigipirate. — THOMAS OLIVA AFP

Après le vol sur le site militaire de Miramas, la gendarmerie a été chargée de l’enquête. Que ce soit à Marseille ou à Paris, l’armée fait sa grande muette. Pas de communication. « L’enquête est en cours et nous avons des réunions en interne », se contente-t-on d’indiquer. Interrogé mardi matin, le préfet de région, Michel Cadot, n’a souhaité, lui non plus, faire de commentaire.

Qu’est-ce qui a été volé ?

Le vol a été constaté lundi par les autorités militaires locales, indique le ministre de la Défense dans un communiqué de presse. « Une intrusion par effraction au dépôts de Miramas du Service Inter-armées des munitions (Simu).» Selon Europe 1, qui a révélé l’information, un ou plusieurs individus se sont introduits sur le site de Miramas dans la nuit de dimanche à lundi. Entre 150 et 180 détonateurs et une dizaine de pains de plastic auraient été dérobés. Nos confrères évoquent également une quarantaine de grenades.

Comment ont procédé les voleurs ?

Très simplement : en découpant et en soulevant le grillage. Le site militaire, qui s’étend sur 250 hectares, n’est protégé que par un double grillage. Mais il n’est équipé d’aucune caméra de surveillance. Les explosifs étaient entreposés dans neuf petits bâtiments, à moitié enterrés, isolés les uns des autres.

A quoi sert ce site militaire ?

Ce site n’est pas une base militaire. Il est utilisé par le 4e régiment de matériel, basé à Nîmes. Il lui sert à entreposer une partie de son matériel pour les opérations extérieures. Depuis sa création en 1985, le 4e RMAT a été présent sur de nombreux théâtres : au Tchad, en Guyane, en Nouvelle-Calédonie, au Kosovo, en Bosnie, au Sénégal, à Djibouti, en Tanzanie, en Albanie… Selon Europe 1, près de 200 personnes travaillent la journée sur ce site. La nuit, il est gardé par quelques gardiens.

C’est dans ces petites maisons que sont entreposés à #Miramas munitions et #explosifs #AFP pic.twitter.com/jghkcY6qgc

— Martin de Montvalon (@tinez16) July 7, 2015

Qui va mener l’enquête ?

Le parquet de Marseille a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête pour « vol avec effraction commis en bande organisée et introduction frauduleuse dans une enceinte militaire ». Cette enquête est « diligentée par la section de recherches de la gendarmerie nationale de Marseille ainsi que par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) pour les constatations », a indiqué le procureur de Marseille Brice Robin, dans un communiqué.

En parallèle, le ministère de la Défense a annoncé avoir demandé en interne une évaluation « sous quinzaine » de « la protection de l’ensemble des sites militaires de stockage de munitions ».

Quelles sont les pistes des enquêteurs ?

L’affaire, qui intervient alors que le plan Vigipirate est à son maximum depuis des mois, embarrasse évidemment l’armée qui se montre incapable de protéger ses propres sites. Deux pistes sont envisagées : celle du grand banditisme et celle du terrorisme. Mais ce qui est sûr, c’est que les voleurs étaient bien renseignés. Une complicité à l’intérieur du site n’est pas écartée.

Ce n’est pas la première fois que l’armée subit un vol d’explosifs. En septembre 1981, plusieurs hommes s’étaient introduits dans le quartier Clauzel, à Foix, pour y dérober une centaine de pistolets-mitrailleurs, quatre mitrailleuses et un camion militaire. Le vol avait été causé par des malfrats.