Marseille: Airbus Helicopters présente son petit dernier, le H160

ECONOMIE L'appareil, qui remplacera le Dauphin, sera assemblé à Marignane...

Mickael Penverne
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Marseille, le 25 juin 2016, le groupe Airbus Helicopters presente le H160 a Marignane.
Marseille, le 25 juin 2016, le groupe Airbus Helicopters presente le H160 a Marignane. — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

Airbus Helicopters a présenté à ses employés le dernier né de la famille : le H160. L’appareil a effectué jeudi son 5e vol devant plusieurs milliers de personnes. Pendant quelques minutes, le premier prototype a réalisé plusieurs manœuvres prudentes au-dessus de la piste de Marignane. « C’est un appareil charismatique. Parce qu’il est beau, tout simplement (…). Mais c’est aussi un appareil citoyen parce qu’il amène des choses », a commenté le président du groupe Guillaume Faury.

Le groupe a déposé 68 brevets en concevant cet appareil qui mobilise aujourd’hui 600 personnes. Le H160 est doté, par exemple, des nouvelles pâles « Blue Edge » qui réduisent le niveau sonore et permettent de soulever jusqu’à 150 kg de charge en plus ; d’un rotor arrière incliné à 12 degrés pour « optimiser » le vol stationnaire ; et d’un nouveau moteur, baptisé Arrano, qui est censé réduire la consommation de carburant de 15 à 20 %.

Testé en conditions extrêmes

« On travaille depuis très longtemps avec les bureaux d’étude et au final, on a une machine très homogène et très stable, avec une facilité de pilotage très importante », assure Nicolas Certain, un des deux ingénieurs naviguants du H160. Il reste encore trois ans de d’essais et développement avant la certification par les autorités européennes et américaines. Un deuxième prototype sera donc construit à la fin de l’année, puis un troisième au début de l’année prochaine.

« Nous allons les tester dans des conditions extrêmes, explique Laurent Maruejols, le second ingénieur naviguant. Nous irons par exemple au Canada où il fait -50 degrés. Le matin, on doit pouvoir décoller en rebranchant simplement les batteries. Nous irons aussi aux Etats-Unis où, à certains endroits, il peut faire plus de 50 degrés. Nous irons également du côté des Alpilles et de la Sainte-Victoire, où avec le relief et le vent, on pourra tester la stabilité de la machine ».

Pesant entre cinq et six tonnes, l’hélicoptère peut transporter jusqu’à 12 personnes. Il est destiné prioritairement au marché offshore, aux services de secours, de police, de gendarmerie, garde-côtes, etc. Les premières livraisons ne devraient pas démarrer avant 2018. A terme, Airbus Helicopters prévoit de sortir 50 appareils par an des chaînes de montage de Marignane – qui assemblent déjà l’Ecureuil, le Dauphin, le Super Puma, le H175, le NH90 et le Tigre, soit plus de 400 appareils par an.

Moins cher que son concurrent

Avec le H160, le groupe espère refaire son retard dans la gamme des hélicoptères de moyen tonnage. « Notre objectif est de gagner 40 % de part de marché » sur ce segment, précise Aurélie Gensolen, responsable produit marketing. En plus des nouvelles technologies embarquées à bord, il coûtera 20 % moins cher que son concurrent direct, le AW139, développé par le constructeur italien AgustaWestland et vendu plus de 6 millions d’euros l’unité.

Le groupe espère ainsi « conforter » sa place de leader dans le monde. Depuis le début de l’année, il engange les contrats : 1,5 milliard d’euros avec la Corée du Sud, 2,5 milliards d’euros avec la Pologne, deux milliards avec le Mexique, un milliard avec le Koweït et 500 millions d’euros avec l’Arabie Saoudite. En 2013, Airbus Helicopters a déclaré un chiffre d’affaires de plus de 6,2 milliards d’euros. Il emploie 8600 personnes à Marignane, ce qui en fait le plus gros employeur industriel de la région.