Marseille: La justice autorise la remise à la Belgique d'un complice présumé de Nemmouche

JUSTICE Il avait rencontré le responsable présumé de la tuerie du musée juif de Belgique en avril à Marseille…

A.R. avec AFP

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Le Palais de justice de Bruxelles.
Le Palais de justice de Bruxelles. — Emmanuel Dunand AFP

La chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence a approuvé mercredi la remise aux autorités judiciaires belges d'un Marseillais soupçonné d'avoir aidé Mehdi Nemmouche, responsable présumé de la tuerie du musée juif de Belgique à Bruxelles, en mai 2014. Ce dernier avait interpellé le 30 mai 2014 à Marseille à sa descente d'un bus venant de Bruxelles.

Mounir Atallah, 28 ans, employé dans un restaurant tenu par son frère dans un quartier difficile du sud de Marseille, a accepté d'emblée sa remise au cours d'une brève audience publique. «Je veux partir le plus rapidement possible, tout de suite même. On m'entend et on me relâche», a-t-il déclaré. Le Marseillais qui a déjà purgé un total de sept années d'emprisonnement est réclamé par les deux juges d'instruction bruxellois enquêtant sur l'attaque du musée juif de Bruxelles, qui avait fait 4 morts le 24 mai 2014.

"Est-ce que je peux venir te voir?" J'ai dit oui»

Il avait déjà été interpellé le 9 décembre 2014 par la DGSI, Medhi Nemmouche ayant été en contact téléphonique avec lui quelque temps avant l'attentat. Remis en liberté, il a de nouveau été convoqué dans un commissariat marseillais, où lui a été notifié le mandat d'arrêt européen le visant.

Mounir Atallah et Mehdi Nemmouche s'étaient rencontrés en 2010 en détention à Salon-de-Provence. Lors d'un séjour à Marseille de Mehdi Nemmouche, du 24 au 29 avril 2014, Mounir Atallah l'avait vu. «Oui, il m'a appelé et m'a demandé: "Est-ce que je peux venir te voir?" J'ai dit oui», a expliqué Mounir Atallah à Nicole Besset, la présidente de la chambre de l'instruction. «Je l'ai vu, je lui ai proposé à manger. Il m'a dit: "Emmène-moi à La Valentine. Je te rappelle ce soir". Je ne l'ai plus revu de ma vie».

«Aujourd'hui, je suis aussi la victime de Nemmouche».

Les juges d'instruction belges souhaitent le confronter aux déclarations d'un autre Marseillais, Nacer Bendrer, remis en février dernier à la justice belge, qui avait laissé entendre que Mounir Atallah aurait pu jouer un rôle dans la fourniture d'armes à Medhi Nemmouche.

«Je suis innocent à 100% et je suis confiant», a protesté Mounir Atallah: «J'ai des amis arabes, noirs, juifs». Selon son avocate, Christine D'Arrigo, «le terrorisme, ce n'est pas son monde. Il est dépassé, paniqué mais il part avec sérénité». Evoquant les «pauvres victimes de Nemmouche, si c'est lui qui a fait ça», Mounir Atallah a ajouté: «Aujourd'hui, je suis aussi la victime de Nemmouche».