Pourquoi le Roller Derby sera le sport «badass» de la rentrée à Marseille

A ROULETTES Il ne vous reste plus qu'à enfiler vos patins et à trouver un surnom...

Christine Laemmel

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Rangez vos crampons, votre raquette de tennis ou votre short de zumba. Pour la rentrée, mettez-vous au Roller Derby. Fusant sur leurs rollers, coudières et casque ajustés, les Bloody Skulls sont les sportives les plus « badass » de Marseille. Ce jeudi soir, elles ouvrent les portes de leur entraînement. 20 Minutes vous explique pourquoi c’est le sport qui fera parler de lui à la rentrée.

Parce que le sport collectif féminin fait son trou
On le voit bien avec les Bleues. Louisa Necib est presque un tout petit peu connue à Marseille. Record d’audience sur W9, le huitième de finale contre la Corée du Sud, a réuni 2,8 millions de téléspectateurs. En 2014, c’était les joueuses de rugby qui en ont attiré 2,2 millions. Quand on sait que le Roller Derby compte trois fois plus d’équipes féminines que masculines, il y a une belle brèche dans laquelle s’engouffrer. Les Bloody Skulls ont bien compris. Elles ont fait, cette année, leur entrée dans le top 20 national, en gagnant tous les matchs sauf un.

Parce que c’est un sport qui prône le féminisme et l’acceptation de son corps
Si le Roller Derby est né dans les années 30, celui qui prolifère depuis les années 2000 s’inscrit dans la mouvance de la troisième vague féministe. Celle des années 80 qui s’ouvre aux lesbiennes, aux pauvres, aux noires, aux handicapés. Celle des Riot Grrrl aussi dont les « derbyeuses » sont le pendant sportif rockabilly. Aucun gabarit n’est exigé ni même de savoir patiner. « Des phases d’adaptation sont prévues pour les newbies », explique Morgane, capitaine occasionnelle des Bloody Skulls.

 

Parce que vous aurez le droit de porter votre tee-shirt licorne à l’entraînement
« Pain’cake ». « Kid Vicious ». “Katzy Kenny”. Ça change de « Petit Vélo » (Mathieu Valbuena) ou « Dédé » (André-Pierre Gignac). En chaussant leurs patins à rouelettes non-alignées (des quads), les joueuses intègrent un vrai personnage. Elles choisissent un surnom, un maquillage qu’elles portent à chaque match et parfois une tenue. Pour Botcho (Morgane), c’est « un legging avec des yeux sur les fesses. » Punk, burlesque, rétro, après, chacune imprime sa marque.


Parce qu’il y a encore tout à faire (surtout à Marseille)
« Chaque année, les recrues sont de plus en plus nombreuses, nous explique Morgane. Le problème c’est qu’on en perd la moitié en hiver. » Sans gymnase attitré, l’équipe est forcée de s’entrainer à l’extérieur la plupart du temps. Par mistral en février, il faut sérieusement avoir envie de manger du béton. Lassées des réponses tardives de la mairie et de se retrouver in extremis sur un parquet trop mou, les Bloody Skulls elles-mêmes fait le tour des gymnases marseillais. Elles ont dressé une liste des sols praticables, qu’elles ont fait parvenir à la mairie. Aucune réponse.

Parce que vous pouvez essayer dès jeudi soir
En ce moment, c’est au Stade de Handball du complexe Jean Bouin que les filles se réunissent tous les mardi et jeudi. Ce soir, à 19h, l’entraînement est ouvert au public, aux curieux, aux fans des Riot Grrrl comme aux désireuses de tester l’échauffement intensif de 45 minutes. La météo annonçant 23°C à cette heure-là, vous n’avez aucune excuse.