Marseille: La ZAC de la Capelette peine à sortir de terre

URBANISME Pour le maire du secteur, Lionel Royer-Perreaut, les dossiers avancent malgré tout et certaines réalisations vont être bientôt visibles…

Caroline Delabroy

— 

Google Maps / 20 Minutes

Près de 900 familles habitent à présent les trois îlots récemment construits sur la zone d’aménagement concerté (ZAC) de la Capelette. «Les immeubles sont posés là, au cœur de nulle part, une sorte de no man’s land», tranche lui-même Lionel Royer-Perreaut, maire (UMP) des 9e et 10e arrondissements de Marseille. Mardi, il a convoqué une conférence de presse pour adresser un «message fort» à ses administrés, qu’il a résumé en ces mots : «Il y a le visible et l’invisible». Autrement dit, malgré les apparences, le projet de la ZAC selon lui avance.

Côté visible donc, pas grand-chose depuis la sortie de terre fin 2009 du Palais omnisports, qui devait signer le fer de lance de la rénovation de cet ancien quartier ouvrier. Côté invisible, beaucoup de dossiers en souffrance qui font dire au président du comité de quartier (CIQ) de la Capelette, Serge Fodor, «qu’on ne voit pas un bout du paradis qu’on nous a vendu». «Si les choses ne bougent pas, il va y avoir des réactions», anticipe-t-il, déclarant qu’une réflexion est en cours avec l’association des commerçants pour imaginer des actions à la rentrée.

Bleu Capelette : le chantier devrait bientôt reprendre

Selon lui, des petits commerçants installés à proximité du futur centre commercial Bleu Capelette ont dû mettre la clé sous la porte. «Les travaux devraient reprendre prochainement, nous sommes plus optimistes que l’an passé», assure néanmoins Gérard Chenoz, président de la Soleam, l’aménageur de la ZAC pour le compte de la ville de Marseille. Tout du moins le parking de 1300 places et le cinéma. Pour le reste, le projet de centre commercial tel qu’initialement conçu pourrait être revu à la baisse. «Nous sommes ouverts à une réorientation vers davantage de logements et moins de commerces, et une identité axée sur le loisir», indique Lionel Royer-Perreaut, qui ne décolère pas du fait que le projet Bleu Capelette «réussisse l’exploit d’être le dernier à sortir alors qu’il est le seul à n’avoir fait l’objet d’aucun recours».

Groupe scolaire Curtel : trop tard pour la rentrée prochaine

Autre sujet de colère pour le maire de secteur : la situation du groupe scolaire (maternelle et primaire) qui aurait dû voir le jour à la rentrée prochaine rue Alfred Curtel. D’abord pensé sur des terrains qui se sont révélés pollués - nous sommes sur une ancienne zone industrielle - le projet s'est déplacé ailleurs, sur les terrains de sport d’un collège voisin. Mais le hic : la zone est située dans le plan de prévention des risques d’inondation. Malgré le permis de construire délivré par la ville, le dossier bloque pour le moment à la case préfecture. «J’entends que le préfet veuille disposer de toutes les garanties nécessaires, que nous avons données, mais à un moment donné il faut faire preuve de réalisme», lance Lionel Royer-Perreaut. Pour la rentrée prochaine, c’est en tout cas trop tard.

Centre de transfert des déchets : le grain de sable

Serge Fodor soulève un autre dossier, celui du centre de transfert des déchets, qui ne sera pas déménagé mais bien «encapsulé», c’est-à-dire intégré dans un bâtiment dont l’architecture reste encore à définir. Selon lui, «cela a été le grain de sable qui a enrayé toute la machine de reconquête du quartier». Plus généralement, il estime que la voirie et les transports «n'ont pas été suffisamment pensés en amont de l’aménagement de la Zac».

Les réalisations à venir

Le maire de secteur est tout de même venu avec quelques annonces visibles, censées annoncer «un signal fort de reconquête des espaces». Parmi eux : la place à l’angle du boulevard Rabatau et du chemin de l’Argile, qui après avoir été clôturée va être arborée, la construction d’un «parking digne de ce nom» à l’angle des boulevards Bonnefoy et Rabatau, et enfin une ancienne fonderie du boulevard Rabatau qui sera détruite pour laisser place à un «square de proximité». «La Zac a repris du dynamisme», affirme enfin Gérard Chenoz, estimant qu'il faudra « encore au moins une dizaine d’années pour que tout soit terminé».