Marseille: Le métro se rapproche (un peu) des quartiers Nord

TRANSPORTS Le «pôle d’échanges multimodales» du Capitaine Gèze sera livré fin 2016…

M.P.

— 

Marseille, le 11 juin 2015, visite du chantier de la station de métro du Capitaine Gèze.
Marseille, le 11 juin 2015, visite du chantier de la station de métro du Capitaine Gèze. — Mickaël Penverne / 20 Minutes

Ce n’est pas une simple station de métro mais un « pôle d’échanges multimodal ». Le chantier de la station Capitaine Gèze, qui a pris plusieurs mois de retard après la découverte d’un cimetière vieux de 200 ans et d’une pollution des sols, commence à prendre forme. Toute la partie « béton » est terminée. Le futur « pôle d’échanges » est composé pour l’essentiel d’un bâtiment de quatre étages qui accueillera la station de métro, une gare routière et trois parkings. La facture avoisine 90 millions d’euros (hors taxe).

Situé à mi-chemin entre l’A7 et l’A50, le futur « pôle » constituera la « nouvelle entrée nord de la ville », a expliqué jeudi Guy Teissier, le président de la communauté urbaine de Marseille. Le complexe verra transiter chaque jour 25.000 usagers de transports en commun, six lignes de bus de la RTM, deux lignes de BHNS (bus à haut niveau de service), deux lignes de cars interurbains, plus de 600 voitures, 50 vélos et une trentaine de motos et scooters.

Rallonge

Dès qu’il sera mis en service, normalement fin 2016, le « pôle d’échanges » deviendra surtout le terminus de la ligne 2 qui sera donc rallongée de 900 mètres. Le métro se rapproche ainsi des quartiers Nord, mais sans les desservir non-plus. En novembre 2013, Jean-Marc Ayrault avait pourtant promis l’aide de l’Etat pour la prolongation de la ligne 2 de Capitaine Gèze jusqu’à l’hôpital Nord (mais aussi de la ligne 1, de Sainte-Marguerite vers Saint-Loup) dans le cadre de son « plan d’action pour l’agglomération d’Aix-Marseille ».

« Il revient aux collectivités locales (…) de se mobiliser pour faire aboutir ce projet mais il est (…) incroyable de constater que nous n’avons toujours pas d’étude, avait déclaré l’ancien Premier ministre. C’est pourquoi j’ai décidé (…) que l’Etat va engager une participation aux études de ce projet immédiatement ». Deux ans plus tard, cette extension semble au point mort. « Vous avez vu le prix ?, a répondu jeudi Guy Teissier. Si l’Etat ne nous donne pas un peu d’argent, on n’y arrivera pas. Et ce n’est pas avec les 50 millions d’euros qu’on nous a promis qu’on pourra le faire ».

Le 29 mai, Manuel Valls a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 50 millions d’euros pour la future métropole Aix-Marseille. Les élus de l’opposition ont aussitôt critiqué une somme jugée trop faible. « Les mesures du Premier ministre, c’est beaucoup d’annonces et pas d’avancées. Le compte n’y est pas ! », avait critiqué Jean-Claude Gaudin sur Twitter. « Nous restons, les uns et les autres, un peu sur notre faim, avait renchéri Guy Tessier. Nous n’attendions pas grand-chose, mais quand même… »