Marseille: Un million d'euros pour fermer les portes de l'hôpital Nord

SOCIETE Trente de ses portes restent ouvertes jour et nuit...

Mickael Penverne

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L' hôpital nord de Marseille.
L' hôpital nord de Marseille. — P.Magnien / 20 Minutes

L’hôpital Nord fête ses 50 ans cette semaine. Plusieurs festivités sont programmées pour célébrer cet établissement qui accueille chaque année près de 39.000 patients, réalise 15.000 interventions chirurgicales et environ 2.700 accouchements.

Inauguré en 1964, l’hôpital a connu plusieurs extensions, avec la construction du pavillon mère-enfant-urgences en 1997 et le pavillon de l’Etoile en 2009. Avec ses 900 lits, ses 3.000 agents non-médicaux et ses 420 médecins, l’établissement « rayonne » bien au-delà des quartiers nord de Marseille.

Un protocole avec la police signé en 2014

Pourtant, l’établissement reste associé à ses quartiers, et à ses débordements de violence. En août 2013, un homme soigné pour une blessure par balles a menacé plusieurs membres du personnel soignant avec une arme à feu. Certains ont alors parlé d’une prise d’otage et d’une séquestration.

Un mois plus tard, un « plan de prévention de la violence » a été mis en place par l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM) et l’année suivante, un protocole d’accord a été signé entre la police et l’AP-HM pour « renforcer la sécurité des hôpitaux publics ».

Cela n’a pas suffi. En novembre 2014, un individu a fait irruption à l’entrée de l’établissement et s’est mis à tirer sur deux hommes, sans les atteindre. « La sécurité est un problème permanent, avec ses phases de tension puis ses phases d’accalmie », confirme aujourd’hui Gilles Halimi, le directeur de l’établissement. Lors de sa dernière visite à Marseille, le 29 mai, le Premier ministre Manuel Valls a ainsi annoncé un « coup de pouce » de l’Etat d’un million d’euros pour la sécurité de l’hôpital Nord.

Ouvert jour et nuit

Cette enveloppe permettra de financer les nouvelles mesures prises par la direction comme la pérennisation de l’emploi du « médiateur » qui joue le rôle de « trait d’union entre des patients et des familles parfois impatientes, et le personnel médical », précise Gilles Halimi : « Il explique, il fait preuve de pédagogie pour expliquer que ce n’est pas en s’énervant que les choses avanceront plus vite ». Mais l’aide de l’Etat permettra surtout de financer de nouvelles mesures de « sécurisation » de l’hôpital qui vont consister pour l’essentiel… à fermer les portes.

« La philosophie habituelle est de dire qu’un hôpital doit être un lieu ouvert jour et nuit, explique le directeur de l’établissement. Aujourd’hui, il est évident qu’il nous faut nuancer cette philosophie et nous adapter. » Et cela passe par la fermeture des portes de l’hôpital : celles des entrées majeures, mais aussi celles des parkings et des portes dérobées. Selon Gilles Halimi, 30 portes restent ouvertes jour et nuit à l’hôpital. « On pensait qu’elles étaient peu connues du grand public mais on se rend compte que c’est de moins en moins le cas », reconnait-il.

Des systèmes d’ouverture et de fermeture, avec des badges pour le personnel, vont donc être installés progressivement sur chacune de ses portes. Les entrées de service de chaque bâtiment seront également équipées d’un système de fermeture nocturne. « Quand on aura réalisé la sécurisation des entrées, je pense qu’on en aura terminé avec la sécurisation du site », estime Gilles Halimi. Ces dispositifs faciliteront en tout cas le travail des 34 vigiles qui patrouillent au sein de certains services, comme les urgences, ou sont postés aux entrées de l’établissement.