Marseille: Le policier ivre avait causé un accident de la circulation

JUSTICE Le retrait du permis de conduire du prévenu et une amende de 250 euros ont également été requis…

A.R. avec AFP

— 

Illustration de voitures de police.
Illustration de voitures de police. — © ELSNER FABRICE/SIPA /

Le jugement a été mis en délibéré au 23 juin. Un policier de brigade de répression du banditisme a été jugé mardi par le tribunal correctionnel de Marseille. Le 11 janvier 2013, ivre, au volant d’une voiture de fonction, il a renversé une femme de 65 ans, la blessant grièvement.

Le procureur de la République a requis de huit à douze mois de prison avec sursis. Le ministère public a également requis le retrait du permis de conduire du prévenu et une amende de 250 euros.

Un taux d’alcoolémie trois fois supérieur à la limite

Il conduisait avec un taux d’alcoolémie trois fois supérieur à la limite autorisée et roulait à une vitesse de 60 à 70 km/h sur une route limitée à 50 km/h. Trois agents étaient présents dans le véhicule, en plus du prévenu. Ils avaient partagé un repas et consommé de l’alcool.

Contrairement à la procédure habituelle, le contrôle sanguin avait été effectué trois heures après les faits. Selon La Provence, il affichait 0,74 mg par litre d’air expiré. Le prévenu a assuré que son alcoolémie était due aux « six à huit verres de whisky » bus après être rentré chez lui le soir de l’accident.

 

Une thèse à laquelle ne croient pas les parties civiles. « C’est au déjeuner bien arrosé que vous avez bu, je ne crois pas que vous vous êtes saoulé chez vous comme dans un western », a accusé l’avocate des parties civiles, Agnès Suzan, en s’adressant au policier.

« C’est un de vos collègues qui a tiré le frein à main »

Interrogé sur la raison qui a poussé l’agent à tirer brutalement le frein à main du véhicule à l’origine de l’accident, le prévenu a affirmé qu’il avait voulu éviter un enfant qui traversait la rue.

Pour la défense, des témoins ont parlé de la présence de cet enfant. Ll’un de ses collègues assis sur le siège arrière s’amuse à tirer le frein à main, d’après le quotidien régional. « Il est clair que c’est un de vos collègues qui a tiré le frein à main, a  affirmé Agnès Suzan. Le prévenu tente de couvrir ses supérieurs hiérarchiques, il est seul, mis au placard au bureau et ici à payer pour les copains », a-t-elle ajouté.

La défense a demandé la clémence du tribunal. « Ne vous méprenez pas, il n’y a qu’une seule victime dans cette affaire mais n’enlevez pas l’humanité de mon client », a plaidé Nicolas Besset.