Marseille: Quatre hommes soupçonnés de racket devant le juge

FAITS DIVERS Ils auraient imposé des embauches à des entreprises sur le chantier de la L2...

M.P. avec AFP

— 

La maison de l'emploi de la rocade L2 (photo d'illustration).
La maison de l'emploi de la rocade L2 (photo d'illustration). — Mickaël Penverne / 20 Minutes

Quatre hommes soupçonnés d’avoir racketté des entreprises sur des chantiers et de leur avoir imposé des embauches ont été présentés à un juge jeudi à Marseille. L’enquête, qui durait depuis janvier, avait permis l’arrestation en début de semaine de onze personnes, dont sept ont été remises depuis en liberté.

« Il y a une volonté de mettre en coupe réglée des secteurs entiers du Nord de Marseille dans le BTP », a dénoncé à ses côtés le directeur départemental de la sécurité publique Pierre-Marie Bourniquel, évoquant « sa volonté de "faire mal" à ces gens qui coûtent tellement cher à la société ».

Ils auraient fait incendier des engins de chantier

Les quatre hommes, âgés d’une quarantaine d’années, ont été mis en examen pour « extorsion, travail illégal en bande organisée et exercice d’une activité de gardiennage et de sécurité sans l’agrément » obligatoire et encourent 10 ans de prison.

En début d’année, ces hommes, à la tête d’une société de gardiennage et d’une autre de BTP dûment enregistrées auprès du tribunal de commerce, sont notamment soupçonnés d’avoir fait incendier des engins sur le chantier de la rocade L2 causant alors plus de 1,8 million d’euros de dégâts.

Trois jours plus tard, la société chargée du chantier recevait un devis de la société de gardiennage des hommes mis en cause. « Son responsable recevait alors un homme qui lui expliquait que certains membres de sa société avaient causé l’incendie et qui lui faisait comprendre qu’en embauchant sa société, il n’y aurait plus aucun problème », a expliqué le procureur de la République, Brice Robin.

Un préjudice total de trois millions d'euros

Un autre plaignant, sur un autre chantier, évoque quant à lui des « prestations fantômes », soulignant à plusieurs reprises le « courage » des plaignants, soumis à des menaces physiques les visant eux ou leurs proches. Le préjudice estimé pour le moment, outre le coût lié à l’incendie du début 2015, est de l’ordre de deux millions d’euros pour l’Urssaf et de plus d’un million d’euros en salaires non versés, a détaillé le procureur.

Environ 235.000 euros ont été saisis sur des comptes bancaires, ainsi que 15.000 euros en liquide, deux voitures et une moto de grosse cylindrée.