Marseille: Un forum pour réfléchir au changement climatique et à ses impacts en Méditerranée

ENVIRONNEMENT Il commence ce jeudi et préfigure la conférence des Nations unies de décembre…

Amandine Rancoule

— 

PlanetSolar, the largest solar catamaran (L), moors by the Villa Mediterranee building in Marseille, southern France, on June 3, 2015, on the eve of the opening of the two-day MEDCOP21 climate summit. AFP PHOTO / BORIS HORVAT
PlanetSolar, the largest solar catamaran (L), moors by the Villa Mediterranee building in Marseille, southern France, on June 3, 2015, on the eve of the opening of the two-day MEDCOP21 climate summit. AFP PHOTO / BORIS HORVAT — AFP

La villa Méditerranée accueille jeudi et vendredi un Forum méditerranéen sur le climat, le MedCop21, inauguré par le président François Hollande. Il préfigure la conférence des Nations unies sur le changement climatique de Paris (Cop21), en décembre. Plusieurs conférences, tables rondes et ateliers sur les « villes et territoires durables », la « gestion durable et intégrée de la ressource en eau », « le changement climatique et ses impacts en Méditerranée » sont prévus.

La Méditerranée, une zone sensible au réchauffement

D’après les recherches de Météo France, de l’université de Toulouse et de deux laboratoires espagnols, des simulations mettent en évidence une augmentation des températures pouvant aller, dans le pire des cas, jusqu’à 4 °C pour la fin du 21e siècle.

« Les effets attendus en Méditerranée sont particulièrement importants et les impacts environnementaux et socio-économiques risquent d’y être très prononcés », soulignent les chercheurs. Sur les 50 dernières années, la température de ses eaux a déjà augmenté d’environ 1°C. Ce réchauffement peut entraîner le développement de micro-organismes dont se nourrissent les méduses.

« Il y en a plus souvent qu’avant mais ça ne veut pas dire qu’il y en a davantage »

« Mais on ne peut pas dire s’il y a plus de méduses, souligne d’emblée Fabien Lombard, enseignant chercheur à l’Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer. On sait que depuis les années 80, davantage de personnes se font piquer mais ça peut aussi vouloir dire qu’il y a plus de monde sur les plages ».

Entre 1880 et 1980, des cycles de cinq ou six années avec méduses, suivies de cinq ou six sans méduses se sont succédé. « Cela fait une vingtaine d’années que nous constatons leur présence chaque année : il y en a plus souvent qu’avant mais ça ne veut pas dire qu’il y en a davantage », précise le spécialiste.

La surpêche et la pollution peuvent expliquer cette présence. « Les poissons mangent le plancton comme les méduses, comme on pêche beaucoup de poisson, il y en a moins en mer et la méduse a davantage de nourriture. De plus, comme ce sont des prédateurs pour les méduses, elles se font moins manger ». « Les prédateurs nettoient les mers et s’il y en a plus c’est problématique, pense Francis Le Guen, photographe et réalisateur. Mais ça fait 50 ans que je plonge et sept ans à Marseille, il n’y a pas de prolifération de méduses ».

« Il y aura encore des méduses cet été »

Les rejets, comme le phosphate et l’azote, des activités humaines profitent aussi au développement du plancton et donc aux méduses qui le mangent. En Méditerranée, l’espèce la plus répandue est la Pelagia noctiluca, très urticante. Elles ont une espérance de vie de 1 à 2 ans. « Nous en avons observé au large cet hiver, donc on peut dire qu’il y aura encore des méduses cet été, indique le chercheur. Les courants marins vont les ramener naturellement vers les côtes ».