Marseille: Le marché de la location poursuit sa chute

IMMOBILIER Le prix moyen s’établit désormais à 11,50 euros le mètre carré...

Mickael Penverne

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La rue de la république à Marseille.
La rue de la république à Marseille. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

L’immobilier toujours dans le noir. Selon la nouvelle étude de l’observatoire « Clameur » (Connaître les Loyers et Analyser les Marchés sur les Espaces Urbains et Ruraux), les prix des loyers sur l’ensemble du marché marseillais se sont effondrés au premier trimestre 2015 : -7 % par rapport à 2014. Le prix moyen s’établit désormais à 11,50 euros le mètre carré. Il s’établissait à 12.50 en 2013 et 12 euros en 2014, selon l’Observatoire immobilier de Provence.

Ce sont les studios qui enregistrent la plus forte baisse (-9,4 %), suivi des 2 pièces (-7,6 %). Tous les arrondissements sont concernés par cette baisse, à l’exception du 11e où les constructions se multiplient. Le 16e arrondissement enregistre la plus forte chute (-14,5 %), suivi du 6e (-10,9 %) et du 1er (-8,4 %). Parallèlement, le temps de vacance locative continue de progresser, passant de 1,6 mois en 2008 à 2,1 mois cette année, soit une perte de 3,2 % des loyers chaque année.

« La demande reste fragilisée »

« Nous enregistrons dans la France entière une baisse des loyers de 1,5 % en moyenne, indique Michel Mouillart, directeur scientifique de l’observatoire Clameur. On l’observe dans pratiquement toutes les régions. En revanche, elle est plus forte et plus rapide à Marseille ». Alors qu’à Paris, Lille, Strasbourg ou Toulouse, les loyers diminuent entre 2 et 3 %, ici, c’est trois fois plus.

« L’immobilier est toujours cyclique, note Jean-Pierre Preyre, président de la Chambre Marseille-UNIS (Union des syndicats de l’immobilier). Eh bien là, on peut dire que nous sommes dans un gros creux ». « On constate habituellement une baisse du marché au début de l’année, puis une reprise au printemps qui permet de rééquilibrer les choses, reprend Michel Mouillart. Mais cette année, cela n’a pas été le cas. C’est la première fois que cela arrive depuis 1998 ».

Selon les professionnels, la crise du secteur s’explique d’abord par le contexte économique. La reprise n’a pas encore produit d’effet sur le marché de l’immobilier. « Et même si elle finit par pointer le bout de son nez, la demande reste fragilisée par six ou sept ans de récession ou du moins, de croissance très faible », explique Michel Mouillart. En outre, l’Insee vient de rappeler que Marseille est l’une des villes les plus pauvres de France. Plus d’un habitant sur deux y vit sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 989 euros par mois.

« La tendance va continuer de se dégrader »

Pour expliquer la chute du marché de l’immobilier, les professionnels avancent aussi comme explication le manque d’entretien du « patrimoine ». A Marseille, entre 12 et 13 % des logements sont remis sur le marché de la location après une rénovation. Quand ils sont 25 à 26 % à Lyon, et presque 40 % à Paris. « Quand le niveau des loyers est peu élevé, comme c’est le cas ici, l’incitation à engager des travaux d’entretien est forcément plus faible », commente Michel Mouillart.

Tous ces facteurs ne poussent pas les professionnels à l’optimisme. « La tendance va sans doute continuer de se dégrader », estime Jean-Pierre Preyre qui place désormais ses espoirs dans le caractère justement « cyclique » du marché. De son côté, Michel Mouillart préfère se tourner vers le gouvernement en espérant un « coup de pouce fiscal » pour la rénovation. « Il faudra voir l’année prochaine comment la reprise économique s’ancre dans la réalité et comment elle peut s’articuler avec les contraintes budgétaires », conclut-il.