La chancelière Allemande, le président Français,  le Premier ministre Espagnol, le maire du Vernet et de Prads, arrivent dans la commune du Vernet, en mars.
La chancelière Allemande, le président Français, le Premier ministre Espagnol, le maire du Vernet et de Prads, arrivent dans la commune du Vernet, en mars. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

MÉMOIRE

Crash de la Germanwings: Les maires des villages du site décorés par le roi d'Espagne

Le site du crash va devenir «un lieu de mémoire et de recueillement»...

Mardi, à l’occasion de la visite d’Etat du roi et la reine d’Espagne, Felipe VI et Letizia, des décorations sont remises au personnel de secours ayant opéré sur le site du crash de l’A320 de la Germanwings dans lequel plus d’une cinquantaine d’Espagnols ont trouvé la mort. Plus de deux mois après la catastrophe, les maires des villages du Vernet, de Seyne-les-Alpes et de Prads, les communes les plus proches de la zone du drame, vont recevoir une médaille. François Balique, le maire du Vernet, livre son ressenti à 20 Minutes.

Vous recevez mardi soir une médaille des mains du Roi Felipe VI. Quel est votre sentiment ?

Je l’ai appris par une lettre de l’ambassade d’Espagne à Paris. A l’occasion de la venue du Roi d’Espagne, il voulait remettre aux maires de Vernet, de Seyne-les-Alpes et de Prads une médaille de l’ordre du mérite. C’est normal que je l’accepte, mais je ne la prends pas pour moi, je la prends pour la population des trois communes qui ont fait preuve d’une grande solidarité. J’avais demandé qu’elle soit attribuée aux communes et non pas aux maires mais ce n’était pas possible. Nous organiserons bientôt une grande manifestation, un événement convivial pour partager tous ensemble cette médaille.

Comment expliquez-vous cette solidarité spontanée des habitants ?

C’est simplement un devoir. Les habitants sont venus directement proposer leur aide. Il y a 15 jours, nous avons encore reçu des familles des victimes. Nous en attendons à nouveau le 18 juillet puis d’autres au mois d’août. Elles appellent la Lufthansa qui nous appelle à son tour pour nous prévenir des arrivées. Ça peut être parfois dérangeant pour la population mais c’est notre devoir de recevoir ces gens. Nous, nous n’avons rien à vendre, donc il n’y a pas aucune contrepartie commerciale et les familles sont souvent logées, même gratuitement, chez les habitants.

Comment envisagez-vous les prochaines semaines ?

Nous pensons que le site du crash va très bientôt être libéré. Les familles vont enfin pouvoir venir se recueillir sur les lieux car elles n’y sont pas encore allées.
Je me suis approché il y a quelques jours au plus près et c’est très dur. J’avais les larmes aux yeux. Ces derniers mois, j’ai rencontré beaucoup de familles des victimes, j’ai vu leur visage, j’ai partagé leurs émotions et j’ai vu leurs larmes. C’est très dur.
Nous avons réuni nos conseils municipaux et nous avons décidé de faire du site un lieu de mémoire et de recueillement. Il faut permettre aux familles des victimes de venir ici. Il faut leur laisser cet espace, ce n’est plus le nôtre, il ne nous appartient plus. Désormais, c’est leur espace.