Près de la moitié des "CV Streeters" trouvent une sortie positive en forme d'emploi ou de formation longue durée.
Près de la moitié des "CV Streeters" trouvent une sortie positive en forme d'emploi ou de formation longue durée. — P.Magnien / 20 Minutes

INITIATIVE

Marseille: Leurs CV vidéo s'affichent au bout du tunnel Prado Carénage

Du 1er au 15 juin, le panneau à la sortie du péage dans le sens Marseille-Aubagne va diffuser les candidatures de quinze « CV Streeters »...

Dans la vie, Patricia aime bien « inverser les rôles », dire « je suis là, j’existe ». Alors cette assistante de direction en recherche d’emploi n’a pas hésité longtemps à participer à la nouvelle opération de l’association CV Street, qui s’est déjà illustrée dans l’affichage sauvage de portraits de chômeurs dans les rues de Marseille. Cette fois, un partenariat a été noué avec le tunnel Prado Carénage pour diffuser chaque jour, du 1er au 15 juin, un CV vidéo sur le grand panneau lumineux à la sortie au niveau du péage, dans le sens Marseille/Aubagne.

Parmi les visages souriants, vous verrez ceux de Touhid, 45 ans, touche-à-tout du numérique et brillant orateur, Elodie, 27 ans, paysagiste, Laurent, 30 ans, chargé de recrutement, Damien, 34 ans, infographiste ou encore Eric, réceptionniste hôtelier.

Un collectif avant tout

Comme sur l’affiche, un numéro de téléphone permet de contacter le candidat et l’adresse web du site est mentionnée, pour réécouter la présentation en ligne... dans des conditions plus audibles. « Le CV va pouvoir être vu par les 40.000 automobilistes qui empruntent chaque jour le tunnel », assure Cécile Cambier, directrice générale de la société marseillaise du tunnel Prado Carénage.

« On va pouvoir montrer qu’on en veut, qu’on est des battants », poursuit Patricia, qui a connu CV Street par le biais de son assistante sociale et avec, « un espace de dialogue et d’entraide » qu’elle n’avait pas trouvé à Pôle emploi. Car l’association est d’abord un collectif, dont le principe fondateur est « j’aide et en retour on m’aide », rappelle Cyril Slucki, son fondateur. « Il y a près de 50.000 chômeurs à Marseille et il n’y a pas 50.000 conseillers Pôle emploi, alors on s’est dit qu’il fallait qu’on s’entraide », continue-t-il.

Aller trouver le marché gris

Lors de la première campagne d’affichage en 2012, cinq personnes sur les six participants avaient bénéficié d’un contact positif. « Depuis, nous avons accompagné une trentaine de personnes, et la moitié ont trouvé une solution sous forme d’emploi, de création d’activité ou de formation longue », affirme Cyril Slucki.

Pour aller plus loin que le « marketing de la personne », CV Street va lancer en juillet un programme d’accompagnement complet, qui englobe la prospection de ce qu’on appelle le « marché gris ». « Nous allons chercher les offres d’emploi non pourvues en contactant directement les entreprises », précise Cyril Slucki. « Une fois en poste, je continuerai à garder le contact, promet de son côté Patricia. On en a tous besoin, de cette solidarité ».