Vaucluse: Le FN espère conserver la mairie de Pontet, où on vote ce dimanche

POLITIQUE Les électeurs, appelés à voter après l’annulation du scrutin municipal par le Conseil d’Etat, étaient à la mi-journée plus nombreux qu’au printemps dernier…

20 Minutes avec AFP

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Joris Hébrard avec Marion Maréchal-Le Pen, pendant la campagne.
Joris Hébrard avec Marion Maréchal-Le Pen, pendant la campagne. — AFP

Les électeurs du Pontet (Vaucluse) se rendent depuis 8H00 dimanche dans les bureaux de vote pour choisir leur maire, après l'annulation de l'élection municipale de mars 2014.

Le Pontet est une des 11 villes de plus de 3.500 habitants remportées par le FN et ses alliés dans l'Hexagone.

Selon les premiers chiffres de participation, les Pontetiens se mobilisent plus qu'au printemps 2014: à 12H00, 36,69% des électeurs inscrits s'étaient déjà rendus dans l'isoloir, contre 34,20% à la même heure en 2014, a-t-on indiqué au bureau centralisateur.

 

«Il y avait beaucoup de monde dès l'ouverture, et des gens attendaient» pour voter, a constaté Jean-Louis Cros, président de la délégation spéciale de la préfecture, qui administre la ville depuis l'annulation du dernier scrutin.

Cette commune voisine d'Avignon, qui compte 17.000 habitants, doit élire un nouveau maire après la confirmation par le Conseil d'Etat le 25 février de l'annulation de l'élection prononcée par le tribunal administratif de Nîmes (Gard) en octobre.

Dix-sept signatures litigieuses avaient été constatées sur les listes d'émargement. Le candidat FN, Joris Hébrard, un kinésithérapeute qui fête ses 33 ans dimanche, avait créé la surprise en devançant de 7 voix le candidat UMP Claude Toutain aux élections municipales de mars 2014.

«Bonne chance!» lui ont lancé certains

M. Hébrard, de nouveau candidat, et fort de son élection dès le premier tour en mars comme conseiller départemental, avec 53% des voix, recueillant même 58% des suffrages dans sa commune, affronte cette fois-ci à deux novices en politique.

Il est opposé à Jean-Firmin Bardisa (sans étiquette), un directeur des services d'une ville du département âgé de 47 ans qui conduit «une liste de rassemblement citoyen» et à la candidate UMP/Républicains, Caroline Joly, 53 ans, directrice des ressources humaines dans une communauté de communes vauclusienne.

A son arrivée peu après 8H30 à son bureau de vote, à l'école élémentaire Louis Pasteur, le candidat frontiste, veste marron sur polo blanc, a pris le temps de saluer le flux continu d'électeurs venu voter. «Bonne chance!» lui ont lancé certains.

«Je vote à la place de mon mari, je signe à l'endroit ou à l'envers?», lui a demandé en riant une électrice, munie d'une procuration, faisant référence aux signatures litigieuses.

Les trois candidats ont prévu de faire le tour des 11 bureaux de vote, où sont inscrits 11.266 électeurs.

Polémique sur les cantines

Dès son arrivée à la tête de la ville - et avant l'annulation du scrutin -, M. Hébrard avait créé la polémique en supprimant la gratuité systématique de la cantine scolaire aux foyers démunis.

Pendant ses onze mois de mandat, l'édile d'extrême droite a également augmenté le nombre de policiers municipaux de 11 à 17 et imposé des heures de fermeture aux épiceries de nuit.

M. Hébrard a profité de cette nouvelle élection pour lisser son image, en se séparant de deux conseillers municipaux qui avaient eu maille à partir avec des élus de l'opposition et en donnant un accent social à son programme avec la création d'une mutuelle pour les habitants.

Le souhait d'une liste unique pour faire barrage au FN, formulé par les deux anciens candidats à l'origine de l'annulation du scrutin, Claude Toutain (UMP) et Miliani Makhechouche (PS), est resté vain.

«J'avais presque gagné le pari (d'une candidature unique face au FN, ndlr), sauf à une semaine du dépôt des listes, il y a eu une liste UMP... si ce n'est pas pour nous faire barrage», regrette M. Bardisa, ajoutant, «chacun prendra ses responsabilités».

Dans la dernière ligne droite de la campagne, Mme Joly a reçu le soutien du député-maire de Nice Christian Estrosi, également tête de liste des Républicains aux régionales de décembre en PACA, venu arpenter le marché avec elle jeudi.

La candidate et le député UMP avaient alors pris soin de ne pas rencontrer la députée FN de Vaucluse Marion Maréchal Le Pen, venue elle aussi soutenir son candidat.

Si aucun des trois candidats n'obtient 50% des voix, un second tour sera organisé le 7 juin.