Marseille: Plusieurs millions d'euros pour la future métropole

POLITIQUE Le gouvernement met l'accent sur les transports...

Amandine Rancoule

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Le Premier ministre, Manuel Valls (PS), salue Guy Tessier (UMP), le président de la communauté urbaine de Marseille et Jean-Claude Gaudin (UMP), le maire de Marseille.
Le Premier ministre, Manuel Valls (PS), salue Guy Tessier (UMP), le président de la communauté urbaine de Marseille et Jean-Claude Gaudin (UMP), le maire de Marseille. — AFP

La rallonge de l’Etat est insuffisante pour les élus. Manuel Valls, le Premier ministre, a confirmé vendredi l’attribution, annoncée par Jean-Marc Ayrault fin 2013, de 50 millions d’euros pour la mise en place de la métropole. Le 1er janvier 2016, elle doit regrouper six intercommunalités, soit 92 communes et 1,83 million d’habitants.

« Nous pensions que, peut-être, c’était 50 millions par mois »

« Nous restons, les uns et les autres, un peu sur notre faim, estime Guy Tessier (UMP), le président de la communauté urbaine de Marseille (MPM). Nous n’attendions pas grand-chose, mais quand même… C’est finalement assez décevant. Nous demandons des moyens de faire fonctionner cette métropole. »

« Nous pensions que, peut-être, c’était 50 millions par mois… On nous a répondu par un sourire », renchérit Nicolas Isnard (UMP), le maire de Salon-de-Provence.

« Alors que des projets ambitieux et un investissement massif sont annoncés, la droite et l’UMP se vautrent dans le "bashing" perpétuel et politicien », réagit Stéphane Mari, le président du groupe socialiste à la mairie de Marseille. « L’approche des élections régionales semble leur faire oublier l’intérêt général au profit de leurs ambitions personnelles. Nous nous attendions à un esprit plus républicain de la part de ceux qui, pendant 10 ans de gouvernement de droite, avaient délaissé Marseille et son territoire », indique-t-il.

« Il faut éviter la démagogie »

Un plus tard dans la matinée, le Premier ministre a recommandé « d’éviter la démagogie ». « On me disait : 50 millions par an ou 50 millions par mois ? Dans ce domaine-là, il faut éviter la démagogie. Des élus ne peuvent pas être uniquement en train de demander plus d’argent, estime Manuel Valls. Ceux qui ont combattu férocement la métropole ne peuvent pas aujourd’hui expliquer qu’il faut des centaines de millions d’euros supplémentaires de l’Etat pour la faire vivre. »

Manuel Valls a évoqué l’hypothèse d’une rallonge de 30 millions d’euros si une péréquation des moyens est mise en place pour les collectivités. Les élus locaux craignent d’être contraints d’augmenter les impôts locaux.

Un contrat Etat région d’un montant de 1,6 milliard d’euros

Le Premier ministre a par ailleurs détaillé, au terme d'un comité interministériel qui a rassemblé neuf membres du gouvernement, l’attribution de 1,6 milliard d’euros du contrat de plan Etat-région (CPER)/ Le contrat a été signé vendredi après-midi avec le président de la région, Michel Vauzelle (PS).

 

Les transports bénéficieront de 290 millions d’euros d’ici 2020, notamment pour les déviations routières de Martigues, Port-de-Bouc et de Miramas, pour la modernisation de la voie ferrée entre Marseille et Aix, et celle de la Côte bleue, ou encore pour l’aménagement de voies dédiées aux bus sur les autoroutes.

« L’Etat veut aider Marseille », indique Manuel Valls précisant que « le système de transport ne répond pas aux besoins de la population ». L’Etat participera également aux études d’extension du tramway vers le lycée Saint-Exupéry et, plus tard, l’hôpital Nord, qui va bénéficier d’un million d’euros pour améliorer sa sécurité.

 

Par ailleurs, 300 millions d’euros sont affectés de la part des collectivités, de l’Etat et de la Région au grand port maritime de Marseille (GPMM) « afin de renforcer son potentiel de développement » et 120 millions d’euros sont attribués au « plan campus » universitaire.

« Tout était déjà dans les contrats de plan », a réagi sur Twitter Jean-Claude Gaudin (UMP), le maire de Marseille.

 

De son côté, Samia Ghali (PS) la maire du 8e secteur de Marseille, salue « des mots forts dans le discours de Manuel Valls ».