Marseille: Dans l'exposition Futurs, les artistes imaginent l'avenir

ART La Vieille charité s'offre Miro, Matisse, Kandisky... tout l'été

A.R.

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L'exposition Futurs.
L'exposition Futurs. — A.Rancoule / 20 Minutes

Des visionnaires. Au début du XXe siècle, l’avènement de la science et ses utilisations dans l’exploration spatiale ou l’architecture ont questionné les artistes. A travers une centaine d’œuvres de Léger, Matisse, Miro, Kandisky, Ernst… l’exposition Futurs s’interroge jusqu’au 27 septembre sur ces représentations, fruit de l’imagination et du fantasme des artistes.

Des premières représentations de métropoles à la conquête spatiale, les différents mouvements s’intéressent aux rapports entre art et science. L’exposition de la Vieille charité s’organise ainsi en trois sections. « Metropolis » se penche sur les villes, théâtres de scènes futuristes. Puis vient « La Guerre des mondes » pour parler de la robotisation et enfin la conquête spatiale avec « L’Odyssée de l’espace ».

« Montrer le monde différemment de ce qu’il était à leur époque »

« Elle retrace comment un certain nombre d’artistes ont pu montrer le monde différemment de ce qu’il était à leur époque », résume Christine Poullain, conservateur en chef, directrice des musées de Marseille. Giacomo Balla découpe le mouvement d’une voiture à partir d’une ligne oblique dans Dynamisme d’une automobile. Architectes et artistes se passionnent pour les métropoles foisonnantes. « La reconstitution de l’Architectone de Malevitch datée de 1923-1927 », par Paul Pederson est prêtée par le Centre Pompidou. Mais ces villes imaginaires font aussi l’objet de craintes, comme en témoigne l’œuvre After All de l’américain Charles Demuth.

Dans la section L’Odyssée de l’espace, trois Joan Miro prêtés également par le Centre Pompidou, la collection Maeght et la fondation de Barcelone, irradient de couleurs et font découvrir aux visiteurs la vision cosmique de l’artiste. L’utopie d’Icare d’Henri Matisse, la toile utilisée pour l’affiche de l’exposition, et les mobiles de Calder, subliment la salle.

Les artistes pop art s’intéressent enfin à la conquête de l’espace. En 1963, Martial Raysse découpe une photo de Gordon Cooper, la repeint et colle des gadgets dessus. Erro se régale à faire des collages sur Armstrong, série « Spatial ».

La visite ne serait pas complète sans un tour par la chapelle. Un énorme ballon argenté, signé Bruno Peinado, respire sous les voûtes. A voir.