Affaire Dupont de Ligonnès: «Une analyse d'ossements est plus longue qu'une analyse sur des objets»

FAITS DIVERS Le laboratoire de police scientifique de Marseille (INPS) est spécialisée dans l'étude des ossements...

Amandine Rancoule

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Marseille le 30 AVRIL 2015 Au laboratoire scientifique de la police.
Marseille le 30 AVRIL 2015 Au laboratoire scientifique de la police. — Amandine Rancoule / 20 Minutes

Les ossements découverts mardi soir dans une forêt près de Fréjus (Var), non loin de l'endroit où avait été vu pour la dernière fois Xavier Dupont de Ligonnès, dont l'épouse et les quatre enfants ont été tués de plusieurs balles de 22 long rifle, sont actuellement analysés au laboratoire de police scientifique de Marseille (INPS), dont l'étude des ossements est une spécialité. Les résultats seront connus lundi dans l'après-midi, selon la procureure de Draguignan, Danielle Drouy-Ayral.

 

Le commissariat de Fréjus a été alerté mardi dans la soirée par un promeneur de la présence d'ossements dans cette forêt. La police les a alors recueilli et placés sous scellés. Ils ont été acheminés à Marseille dans la soirée de mercredi pour un traitement en urgence. Il s'agit d'ossements éparpillés, la machoire a été retrouvée mais pas le crâne. «Du point de vue technique, c'est une affaire classique», estime Philippe Schaad, le directeur du laboratoire de Marseille.

«On scie un morceau d'os que l'on broie pour en faire de la poussière d'os»

«Une analyse d'ossements est une analyse plus longue qu'une analyse sur des traces ou des objets, elle demande du matériel spécialisé, précise le chef de la division identification de la personne du laboratoire. On scie un morceau d'os que l'on broie pour en faire de la poussière d'os», ajoute le chef de la division identification de la personne du laboratoire. Cette seule opération prend 48 heures.

La qualité de préservation de l'os est primordiale pour extraire l'ADN. «Cela dépend de l'exposition à la lumière ou à l'humidité par exemple», précise-t-il. En cas d'ossements plus dégradés, il est possible de recourir à l'analyse de l'ADN mitochondriale «en plus grand nombre dans les cellules et se conservant mieux» et qui est uniquement transmis par la mère.
«On partira alors davantage sur une exclusion, plutôt que sur une inclusion, c'est-à-dire que l'on dira "ça n'est pas possible, l'ADN mitochondriale est différent de l'ADN de la mère, ça ne peut pas être lui", souligne l'ingénieur. Par ailleurs, «une identification formelle ne sera pas possible» car «pour l'ADN mitochondriale, il n'y a pas de fichier», contrairement à l'ADN «nucléaire», soit l'ADN classique. 

Si un profil génétique est déterminé, le laboratoire ne confronte pas lui-même l'ADN, mais le transmet à Lyon où se trouve le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG). Le rapprochement avec les profils déjà enregistrés est alors fait.