Le PC menacé de tous les côtés

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Il est le dernier député communiste

de Marseille. Frédéric Dutoit, député-maire des 15e et 16e arrondissements, candidat

à sa réélection, se retrouve cette fois pris en étau entre l'UMP et le PS, qui ont fait de bons résultats à la présidentielle dans la 4e. En 2002, Frédéric Dutoit avait pris la succession du député-maire Guy Hermier, figure historique du PC dans les Bouches-du-Rhône. Avec l'appui

de figures socialistes comme Jean-Noël Guérini et Michel Vauzelle, qui avaient délaissé Patrick Mennucci, candidat à l'époque dans la 4e (18 % des voix). Mais cette année, le PS fait bloc derrière Henri Jibrayel, dans une circonscription où Ségolène Royal a recueilli 37,5 % des voix au premier tour de la présidentielle, contre 3,9 % pour le Parti communiste. Le PC pourrait cependant se redresser. Dans la 4e, Frédéric Dutoit bénéficie

de son implantation de maire et de l'absence la LCR, qui n'a pas souhaité présenter de candidat contre lui.

Face à lui, l'UMP a elle aussi connu une forte progression, passant de 16,6 % des voix au législatives en 2002 à 22,2 %

au premier tour de la présidentielle. « Si j'arrive au deuxième tour, tout devient jouable », estime Bernard Susini, adjoint au maire de Marseille, en charge du grand projet de ville. A gauche, on invoque la menace d'une vague bleue : « Les électeurs de gauche peuvent être démotivés après la présidentielle, analyse Frédéric Dutoit. Il faut faire barrage au candidat de Sar­kozy. » Henri Jibrayel tient le même discours : « Il faut faire en sorte que le PS ait un groupe parlementaire pour pouvoir amender si l'UMP veut passer des lois antisociales. » Le socialiste assure, d'ailleurs, que s'il arrive derrière Dutoit, il se retirera à son profit. « J'espère qu'il fera de même si j'arrive en tête. »

Un troisième candidat de gauche pourrait s'immiscer entre PS et PC : Karim Zeribi, candidat Nouvelle gauche, un groupe qui avait déjà recueilli 4,3 % des voix en 2002. A l'extrême droite, Jean-Pierre Baumann (FN) est en embuscade : le 22 avril, Jean-Marie Le Pen a recueilli 15,9 % des voix dans la 4e, presque assez pour maintenir un candidat

au deuxième tour des législatives.

carte La 4e circonscription regroupe 48 000 électeurs dans le 3e arrondissement et une partie des 15e et 16e. Au deuxième tour de la présidentielle, Ségolène Royal y est arrivée en tête avec 58 % des voix.