Marseille: Le quotidien «La Marseillaise» est sauvé

PRESSE Le journal est cependant amputé de 91 postes...

A.R.

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La façade du  journal La Marseillaise.
La façade du journal La Marseillaise. — Amandine Rancoule / 20 Minutes

Le tribunal de commerce de Marseille a validé mercredi l’offre de reprise du journal La Marseillaise par les Editions des Fédérés, dirigées par le secrétaire départemental du PCF Pierre Dharréville. La reprise passe par un difficile plan de suppression d'emplois: les éditions des Fédérés ne reprennent que 117 postes sur 208 actuellement.

«C’est un titre sauvé donc c’est une victoire mais on déplore les 90 licenciements qui vont suivre, c’est un déchirement», réagit Mireille Roubaud, élue SNJ-CGT. Tous les services sont concernés par ce plan. Depuis mercredi soir, le journal est imprimé à Vitrolles. Le plan social devrait se terminer en mai.

«Nous allons garder notre ligne éditoriale de toujours, engagée à gauche»

«La Marseillaise va continuer à vivre, à produire une information locale. Que ce journal vive, c'est ce qui a déterminé mon engagement, explique Pierre Dharréville. La première chose que nous avons dite, c'est que nous allons conserver la ligne éditoriale», ajoute-t-il. «Nous allons garder notre ligne éditoriale de toujours, engagée à gauche, progressiste qui donne la parole aux salariés en lutte, la voix de ceux qui n’en ont pas», précise Mireille Roubaud.

Dès ce mois-ci, les salariés vont commencer à travailler sur une nouvelle formule du journal et sur le développement du site internet du journal. Le quotidien s'organisera autour de trois grands «pôles» couvrant les six départements: une édition pour le Gard et l'Hérault, une autre pour les Bouches-du-Rhône et une troisième pour le Var, le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence.

Une histoire qui remonte à 1943

Le premier numéro de La Marseillaise a été tiré à 5.000 exemplaires le 1er décembre 1943. Puis il est distribué à la libération de Marseille, en août 1944. Communiste à ses débuts, le journal avait ouvert sa ligne éditoriale à la fin des années 90, mais en revendiquant toujours son statut de journal d'opinion, de gauche, engagé aux côtés de la classe ouvrière et dans les guerres de décolonisation.