Frais Vallon attend son ravalement

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Sept ans de gestation. Depuis la dernière rénovation de la cité de Frais Vallon (13e), achevée en 2000, ses habitants n'ont toujours pas vu d'amélioration. « Les deux dernières réhabilitations ont été ratées, peste Fatiah Ziany, de la Confédération syndicale des familles (CSF) de Marseille. Tous les balcons sont effrités, de l'eau de pluie s'infiltre dans les habitations, et les prises électriques ne sont pas aux normes de sécurité. Ce n'est pas viable. »

Habitat Marseille Provence (HMP), l'unique bailleur des 1 350 logements de la cité, tenu pour responsable par les résidents, s'en défend : « Seul un dossier ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine) pourrait permettre une rénovation des immeubles. Mais ce n'est pas à l'ordre du jour », explique Nicole L'Hernault, directrice générale de HMP. En effet, le quartier n'a pas été retenu par la mairie dans les treize sites prioritaires pouvant bénéficier du programme national de rénovation urbaine lancé en 2003 par Jean-Louis Borloo, ministre (UMP) de la cohésion sociale.

« Un projet ANRU monté par HMP devait être déposé en décembre 2006, rappelle Fatiah Ziany. Il prévoyait la démolition de trois bâtiments regroupant 678 logements, Il est heureusement tombé à l'eau, parce que les habitants n'ont pas été consultés. » Bernard Susini, adjoint (UMP) au maire délégué à la politique de la ville, estime de son côté qu'un dossier ANRU pour Frais Vallon « ne pourra pas être présenté avant fin 2008, puisqu'il faut d'abord attendre la présentation des treize sites prioritaires, parmi lesquels Malpassé (13e) et Les Flamands (14e) ».

ouvrage Un livre pour retracer l'histoire du quartier. Au travers de témoignages d'habitants et de photographies, On faisait rien de mal... on était sur le mur raconte l'histoire de Frais Vallon. L'ouvrage a été réalisé par Pierre Prouvèze et Andrée Antolini, président et directrice du centre social de Frais Vallon, Chantal Deckmyn, sociologue, et Suzanne Hetzel, photographe. Il sera distribué à l'ensemble des habitants de la cité et pourrait être, à terme, envoyé aux collégiens marseillais.