Marseille: Ségolène Royal s'oppose encore aux boues rouges

ENVIRONNEMENT La ministre de l'Environnement demande à l'usine Alteo des études supplémentaires...

M.P.

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L'usine de boues rouges à Gardanne.
L'usine de boues rouges à Gardanne. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Ségolène Royal a suspendu l’enquête publique sur les futures conditions d’exploitation de l’usine Alteo de Gardanne, qui produit de l’alumine. La ministre de l’Environnement demande à la direction du site, qui rejette des boues rouges en Méditerranée depuis plusieurs décennies, de réaliser de nouvelles analyses sanitaires «pour la parfaite information du public».

Ségolène Royal souhaite que soit réalisée notamment une nouvelle campagne de pêche pour mesurer l’impact des rejets des métaux lourds (mercure, aluminium, arsenic…). La ministre demande aussi que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) soit associée à «la conception du plan d’échantillonnage et désignera le laboratoire chargé de mesurer la contamination des poissons prélevés».

Dans un rapport récent sur les risques sanitaires liés à la consommation de poissons pêchés sur la zone de rejet, l’ANSES estime qu’Alteo n’a, pour l’instant, produit «qu’un nombre très limité de données de contamination des poissons» et recommande de nouveaux prélèvements sur les oursins, les poulpes ou les calamars, vers d’autres sites de la Méditerranée pour permettre des comparaisons.

Emploi contre environnement

«Les poissons prélevés lors de la campagne de pêche d’Alteo visaient spécifiquement les espèces susceptibles d’être impactés par le rejet, d’être pêchés sur le site et d’être commercialisées, se défend l’entreprise de Gardanne dans un communiqué. Les céphalopodes et les oursins n’ont pas été analysés car ces espèces ne sont pas présentes dans la zone de pêche considérée».

«Finalement, les deux études (…) témoignent d’une part de la présence connue en Méditerranée de mercure et d’arsenic dans certains poissons, et d’autre part, que les rejets d’Alteo n’engendrent pas de surexposition des poissons», ajoute-t-elle. La direction de l’usine rappelle également que le nouveau projet d’exploitation prévoit une diminution de «99,95% du flux de mercure rejeté en mer par rapport à la situation actuelle».

Alteo a reçu, une nouvelle fois, le soutien de Roger Meï, le maire (PCF) de Gardanne. Selon lui, l’usine a fait des « efforts pour suivre les normes environnementales» en investissant des filtres presse qui ont coûté 30 millions d’euros. Il demande donc à l’État d’accorder «toute son attention (à l’industrie), comme il l’accorde à l’environnement». Avant de se montrer plus précis : «700 emplois directs et indirects en dépendent ».