Crash A320: Trois éléments de l'enquête dévoilés par le Procureur de Marseille

GERMANWINGS Brice Robin a donné une conférence de presse jeudi en fin de journée...

Amandine Rancoule

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Le procureur Brice Robin et le général David Galtier montrent des photos  e la deuxième boite noire de l'A320.
Le procureur Brice Robin et le général David Galtier montrent des photos e la deuxième boite noire de l'A320. — AFP

Le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, a révélé les derniers éléments de l’enquête pour «homicides involontaires» ouverte après le crash dans les Alpes de l’A320 de Germanwings le 24 mars. Au total, 150 personnes ont péri dans la catastrophe. 20 Minutes vous livre les trois choses à retenir.

  • La deuxième boîte noire retrouvée

Elle a été trouvée jeudi, noircie par le feu et enfouie sous 20 centimètres de terre par une gendarme du peloton de gendarmerie de haute montagne de Chamonix, «sur la gauche d’une ravine déjà explorée», a précisé Brice Robin.  Elle a notamment été découverte grâce au prêt par le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) d'une autre boîte noire, issue d'un précédent crash aérien, qui a permis de la reconnaître plus facilement l'objet.

Elle contient 500 paramètres du vol, comme  la vitesse, l’altitude, la trajectoire etc.  «Cette deuxième boîte noire nous donnera tous les éléments du vol», a expliqué le procureur, évoquant un «complément indispensable sur ce qui s'est passé dans les dernières minutes de ce vol».

  • Le copilote était vivant au moment du crash

Brice Robin a révélé que le copilote Andreas Lubitz, soupçonné d'avoir volontairement précipité l'avion sur la montagne, avait à plusieurs reprises au cours des dernières minutes agi sur les commandes de l’appareil «pour éviter le déclenchement de l'alarme de survitesse». D’après lui, cela indique que l'homme était «vivant et conscient» au moment du crash. Selon le procureur, la respiration du copilote s'entendait dans l'enregistrement de la première boîte noire. Mais, jusqu'à présent, on ne savait pas s'il était conscient pour autant.

  • «150 profils ADN isolés»

Sur les lieux du crash, 470 scellés d’effets personnels ont été effectués et 40 téléphones portables «très abîmés» ont été trouvés. Au total, 2.854 fragments ont été traités et 2.285 échantillons ADN trouvés. Après la récupération des restes humains des personnes à bord de l'A320, «50 profils ADN ont été isolés, a indiqué Brice Robin. Cela ne signifie pas que nous avons identifié les 150 victimes. Il reste à effectuer la comparaison des ADN post-mortem avec les ADN ante-mortem», prélevés sur les familles des victimes.

Ces identifications peuvent prendre entre trois et cinq semaines. Elles seront suivies d’une «validation» par la commission ad hoc prévue par Interpol, avant la remise des corps aux familles. Mais dès que les identifications auront lieu, les familles seront prévenues.