Marseille: L'Huveaune n'en a pas fini pas avec la pollution

ENVIRONNEMENT Le Comité de rivière s'est réuni ce mardi pour faire le point sur le futur Contrat de rivière...

Mickael Penverne

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Marseille, le 31 mars 2015, la rivière de l'Huveaune.
Marseille, le 31 mars 2015, la rivière de l'Huveaune. — Mickaël Penverne / 20 Minutes

L’Huveaune va mieux. Mais il revient de loin, et il lui reste encore du chemin à faire. Pendant de nombreuses années, le fleuve, qui prend sa source dans le massif de la Saint-Baume et se jette dans la Méditerranée à Marseille, a été utilisé comme déversoirs naturels des eaux usées et industrielles. Résultat, une pollution qui battait tous les records, visible notamment à chaque épisode de fortes pluies.

«Dans les années 60 et 70, il y avait une usine de peinture dans la zone industrielle de la Penne, se souvient Gilbert Sanchez, membre de l’Association Marseille Aubagne de la pêche (AMAP). Alors un jour, l’eau était jaune ; un autre jour, elle était verte ou rouge (…). Quand on prenait le train tous les matins, on faisait des paris avec les collègues pour savoir de quelle couleur elle était…»

«Les poissons sont consommables»

Aujourd’hui encore, les berges de l’Huveaune sont encombrées par de nombreux déchets plastiques - surtout à Marseille. Mais la situation semble s’être améliorée en amont. «C’est même l’une des rivières les plus poissonneuses du département», relève fièrement Francis Milliard de l’AMAP. Avant de préciser que ce sont les pêcheurs du coin qui lâchent chaque année près de 2 tonnes de truites arc-en-ciel, de saumon fontaine et de fario pour pratiquer leur sport favori. Mais preuve, selon lui, que la qualité de l’eau a progressé... «Tous ces poissons sont consommables».

Depuis deux ans, le Comité de rivière du Syndicat intercommunal du bassin de l’Huveaune (SIH) est chargé de mettre en place le Contrat de rivière pour répondre aux exigences de la directive-cadre européenne sur l’eau. Adopté en 2000, ce texte prévoit la suppression de plusieurs dizaines de substances toxiques (métaux lourds, pesticides, hydrocarbures…) dans toutes les eaux souterraines et de surface. En théorie, les Etats membres ont jusqu’à la fin de l’année pour atteindre cet objectif de «bon état général» des eaux.

Pas avant 2021

Mais concernant l’Huveaune, «on ne répondra pas cette année aux objectifs de la directive», prévient Estelle Fleury, chargée du Comité de rivière qui faisait un point mardi de l’avancée de ces travaux. Malgré la construction de plusieurs stations d’épuration et la disparition de la plupart des industries polluantes dans la vallée, le fleuve porte encore les stigmates des années 60 et 70, notamment le PCB que l’on trouve dans les sédiments. Ces molécules peuvent mettre des années avant de disparaître, plaide Estelle Fleury. «Mais normalement, certains segments du fleuve devraient répondre aux critères de la directive en 2021».

Le Contrat de rivière de l’Huveaune, qui détaille les actions pour améliorer la qualité des eaux (études, travaux, contrôles de la qualité, etc.), met autour de la table 27 communes du bassin-versant du fleuve. Doté d’un budget de 16,5 millions d’euros, dont 8 millions d’euros consacrés à l’assainissement à Aubagne et au Pays de l’Etoile, il devrait être signé d’ici la fin de l’année.