Marseille: Le premier drone-oiseau est né à la Pointe Rouge

HIGH TECH L'oiseau électronique se pilote avec un smartphone...

Mickael Penverne

— 

Présentation du 1er drone en forme d'oiseau à Marseille.
Présentation du 1er drone en forme d'oiseau à Marseille. — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

Le premier petit oiseau électronique est né à la Pointe Rouge. La start-up marseillaise Bionic Bird a créé le premier drone en forme de volatile. Le petit appareil, qui mesure une vingtaine de centimètres et pèse 9 grammes, bat des ailes et plane comme un véritable oiseau. Ne manque plus que le chant. Depuis quelques mois, il est devenu l’attraction de tous les salons high-tech de la planète et peut être admiré au salon Wave, qui se termine ce dimanche à Marseille. Demandé aux Etats-Unis, au Japon, en Russie… C’est sans doute le jouet qui va cartonner à Noël.

L’origine de cette «sucess story» marseillaise remonte à la fin des années 60, quand Gérard Van Ruymbeke invente le Tim Bird, un jouet de plage qui vole en battant des ailes grâce à un élastique. L’oiseau, encore en vente aujourd’hui, s’écoule à 20 millions d’exemplaires. Quatre décennies plus tard, son fils Edwin, ingénieur en aéronautique, met au point les Avitron, des petits oiseaux télécommandés à destination des enfants. Avec son collègue, Marc Zeller, il invente trois versions de ce jouet, dont un qui remporte le concours Lépine en 2012.

Marseille, le 27 mars 2015, présentation du 1er drone en forme d'oiseau. - MickaÎl Penverne / 20 Minutes

 

Tout bascule deux ans plus tard quand ils créent une 4e version, en polypropylène et en carbone. L’oiseau est plus léger et plus maniable. Il ne se pilote pas avec une télécommande mais avec un smartphone - grâce à une application téléchargeable gratuitement. «Il n’est pas aussi rapide qu’une hirondelle mais quand il opère un virage, elles n’arrivent pas à le suivre», assure Marc Zeller. En plus d'être beau et insolite, l’oiseau est donc «connecté». L’argument fait mouche. Le Bionic Bird tape dans l’œil des médias français et étrangers. La machine s’emballe.

Une nouvelle version à l'étude

L’oiseau vole à 15 km/h, voire 18km/h quand ses batteries sont pleines. Il se recharge sur un œuf. Deux bémols cependant. Son autonomie est encore limitée: 8 minutes seulement. Et sa portée (via Bluetooth) ne dépasse pas 100 mètres. Mais à 119 euros, le Bionic Bird reste largement abordable. Conçu et dessiné à Marseille, le drone est fabriqué en Chine, à Shenzhen. Pour l’instant, il s’en est vendu quelques milliers d’exemplaires un peu partout dans le monde. Mais Edwin Van Ruymbeke et Marc Zeller pensent déjà à une 5e version.

Le prochain Bionic Bird embarquera une caméra à bord et pourra réaliser des vols stationnaires. Il sera un peu plus grand et un peu plus lourd (une vingtaine de grammes). Sa naissance est prévue pour l’année prochaine. Pour développer ce projet, la start-up a besoin d’un million d’euros. «Soit on fait appel à du financement participatif – ce qui veut dire qu’on s’installera aux Etats-Unis. Soit on ouvre le capital de l’entreprise. On hésite encore», explique Marc Zeller. Le chiffre d’affaires de la start-up est passé de 200.000 euros en 2013 à 500.000 euros en 2014. Il devrait logiquement s’envoler en 2015.

>> Retrouvez ici une vidéo du Bionic Bird en vol.

 

La start-up Bionic Bird est présente au salon Wave organisé à la Friche de la Belle de Mai par la BNP-Paribas. Wave présente jusqu'au 29 mars une vingtaine de start-up de la région marseillaise. Après Marseille, le salon partira à Lille, Nantes, Grenoble, Toulouse, Milan, etc.