Marseille: La bouillabaisse du second tour des élections départementales

POLITIQUE Avant le second tour des élections départementales, ce dimanche, «20 Minutes» se penche sur les forces en présence...

Mickael Penverne

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Marseille, le 26 mars 2015, campagne des élections départementales dans les Bouche-du-Rhone.
Marseille, le 26 mars 2015, campagne des élections départementales dans les Bouche-du-Rhone. — Mickaël Penverne / 20 Minutes

Martine Vassal et l’UMP sont en mesure d’obtenir dimanche la majorité. Mais l'incertitude demeure sur le résultat de la Force du 13, le parti de Jean-Noël Guérini, et du Front national. Depuis le premier tour, les appels au vote, au désistement, au front républicain et au «ni-ni» se sont multipliés. Pour tenter d’y voir clair…

A droite et au centre: «Ni-ni», vote blanc et «gauche républicaine»

Le tandem UMP-UDI affrontera le Front national dans 18 cantons (sur les 29 que compte le département). Dans les cantons où l’une des deux formations n’est pas présente au second tour, Jean-Claude Gaudin, président de la fédération UMP des Bouches-du-Rhône, reprend le «ni-ni» de Nicolas Sarkozy: «Nous n’appellerons à voter ni pour le candidat de gauche dont nous condamnons la politique, ni pour celui du Front national avec qui nous n’avons rien en commun», écrit-il dans un communiqué.

A l’inverse, l’UDI, dirigée localement par Arlette Fructus, appelle depuis la fin du premier tout à faire barrage au FN. En cas de duel entre la gauche et le Front national, «nous mettrons un bulletin républicain dans l’urne», a-t-elle répété à plusieurs reprises. Mais la situation se complique légèrement quand le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, appelle à voter… blanc. «A Marseille, lorsque M. Guérini se retrouve face à un candidat du FN, nous appelons à voter blanc», a-t-il déclaré ce jeudi sur RFI.

Quant au Modem marseillais, qui fait parti dans la majorité municipale, il appelle évidemment à voter pour l’UMP-UDI au second tour, mais aussi, «afin de contrer la montée des extrêmes», pour tous les «candidats de la gauche républicaine s’engageant formellement à lutter contre le système Guérini, comme par exemple Benoît Payan et Michèle Rubirola qui s’y sont solennellement engagés sur leur profession de foi», indique Childéric Muller, président du Modem 13.

Au PS: Pour ou contre Guérini

Au Parti socialiste, les élus et dirigeants de la fédération sont unanimes pour faire barrage au Front national. C’est désormais la seule chose qu’ils partagent. Pour le reste, la fédération demeure profondément divisée et ne parvient pas à «tourner la page du Guérinisme».

Le Premier secrétaire fédéral, Jean-David Ciot, très contesté en interne, appelle les «électeurs républicains à se mobiliser massivement derrière les candidats de gauche lorsqu’ils sont mieux placés pour barrer la route aux candidats de l’extrême-droite et leurs idées populistes». Il apporte ainsi son soutien à tous les candidats socialistes, y compris ceux soutenus par la Force du 13, le parti de Jean-Noël Guérini, comme Christophe Masse, Mario Martinet, Rebia Benarioua ou encore Denis Rossi.

Cette position est exactement l'inverse de celle de Patrick Mennucci. Dès le 2 mars, le député appelait à voter pour «les vrais candidats socialistes, ceux qui refusent la compromission avec Jean-Noël Guérini, ceux qui n’affichent pas le soutien de la Force du 13 sur leurs documents de campagne». Il enfonçait le clou quelques lignes plus tard en appelant à voter pour le candidat UMP à l’élection du président du conseil départemental.

A EELV: Le triple «ni»

Europe Ecologie-Les Verts se trouve sur la même longueur d’onde. La formation, qui a soutenu la candidature de l’ancienne juge d’instruction Laurence Vichnievsky dans le canton n°2 contre le président de la Force du 13, appelle à voter pour le «candidat de gauche le mieux placé». Mais à une condition : «Sous réserve d’un engagement clair sur le vote du 3e tour pour désigner le président du Département : ni le candidat du Front national, ni celui de l’UMP, ni Jean-Noël Guérini».

Au PCF et à la Force du 13: «Contre l’extrême-droite»

En revanche - et sans surprise, le Parti communiste, dont les conseillers généraux font partie de la majorité départementale, ne se positionne pas par rapport à Guérini mais appelle à «battre la droite et l’extrême-droite en votant pour les candidats de gauche qui sont qualifiés» au second tour. Enfin, le président sortant du conseil général appelle «tous les républicains à se mobiliser dimanche prochain, afin de faire barrage à l’extrême-droite».