Marseille: Les hôpitaux pourraient perdre 200 lits et 500 postes

ECONOMIE La communauté médicale refuse de valider le Contrat de retour à l'équilibre financier du gouvernement...

Mickael Penverne

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L'hôpital de la Timone. Marseille, le 20 septembre 2011.
L'hôpital de la Timone. Marseille, le 20 septembre 2011. — Patrice Magnien/20 Minutes

Les médecins de l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM) font bloc contre le nouveau plan d’économie proposé par le gouvernement. Baptisé Contrat de retour à l’équilibre financier (Cref), ce projet doit être examiné le 28 avril par le Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins (Copermo). Il prévoit, selon les médecins, de dégager 30 millions d’euros de recettes supplémentaires et surtout, 55 millions d’euros d’économies sur trois ans.

Pour y parvenir, le Cref prévoit d’abord des réorganisations et des transferts de services entre les différents hôpitaux de l’AP-HM. Le service orthopédie-traumatologie de Sainte-Marguerite se retrouverait, par exemple, à la Timone. Le Cref envisage aussi 150 à 200 suppressions de lits dans les quatre structures de l’AP-HM. Mais les économies les plus importantes seraient réalisées par une réduction des effectifs. Selon les médecins, le Contrat prévoit une économie de 40 millions d’euros sur les postes du personnel médical. Ce qui équivaut à supprimer 500 emplois.

«Le support logistique ne suit pas»

«Ce contrat est impossible à appliquer, estime Guy Moulin, président de la commission médicale d’établissement. L’Assistance publique doit arrêter son déficit, mais cela ne peut pas se faire avec une nouvelle réduction majeure des effectifs qui nécessiterait une complète réorganisation des services et mettrait en danger la qualité des soins.» La situation est déjà tendue à l’AP-HM, insiste-t-il. «Les gens sont obligés de se battre pour obtenir une blouse ou des pansements. Le support logistique ne suit pas. Il coûte très cher et ne fonctionne pas bien.»

L’AP-HM est le premier employeur de la ville : 1.900 médecins et infirmiers y travaillent, et surtout 12.000 personnels non-médicaux. Dans le même temps, l’établissement cumule un déficit de 37 millions d’euros et une dette d'un milliard d'euros. La raison de ces pertes est «peut-être à chercher dans le déséquilibre dans la masse salariale entre le personnel soignant, le personnel administratif et la logistique», suggère Guy Moulin. Dit autrement, des économies seraient peut-être à réaliser ailleurs que dans les suppressions de lits et les postes de personnels médicaux…

«Le temps du dialogue»

En octobre, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait dénoncé dans un rapport la «gestion archaïque» de l'AP-HM, ainsi que les «privilèges» accordés au syndicat majoritaire, Force ouvrière. «Il convient de mettre fin à la situation réservée à une organisation syndicale (...) fût-elle majoritaire, et de la considérer comme les autres, sans privilège d'information et en évitant de lui laisser son rôle traditionnel de conseil en recrutement.» A l’époque, le directeur de l’AP-HM, Jean-Jacques Romatet, avait affirmé qu’il s’agissait d’une «époque révolue».

Mercredi, la direction de l’AP-HM a pris «acte» de l’opposition de la Commission médicale d’établissement au Cref et n’a pas souhaité faire davantage de commentaires. Elle a rappelé simplement que ce contrat sera examiné le 28 avril par le Copermo et que «nous sommes encore dans le temps du dialogue avec la communauté hospitalière tant médicale que syndicale».