Crash d'un avion A320: Les habitants du petit village de Seyne se mobilisent

REPORTAGE Les familles des victimes de l’accident d’avion qui a fait 150 morts arrivent sur les lieux. Les villages autour du site s’organisent pour les accueillir au mieux...

Amandine Rancoule

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Après le crash d'un avion A320, Une affiche indique la mise à disposition d'un livret de condoléances à l'église de Seyne, le 25 mars 2015.
Après le crash d'un avion A320, Une affiche indique la mise à disposition d'un livret de condoléances à l'église de Seyne, le 25 mars 2015. — A.Rancoule

De notre envoyée spéciale à Seyne-les-Alpes (Alpes de Haute-Provence)

Agenouillé sur les marches de l’église de Seyne-les-Alpes, Michel scotche un écriteau sur la pierre froide. «Livret de condoléances à disposition», indique l’affiche sur laquelle une flèche pointe l’entrée de l’édifice. Deux petites tables encadrent le perron.

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Stylos et carnets viennent d’y être déposés. «Chacun peut écrire un mot et se recueillir ensuite », explique Michel Jame. Depuis ce mercredi matin, les familles des victimes du crash de l’A320 arrivent dans ce village de montagne, le plus près du lieu de l’accident. «Les appels affluent à la mairie, les habitants proposent leurs aides, un repas, un lit. Des employés d’Airbus ont même proposé leurs expertises», souligne Michel.

«800 logements ont été bloqués à ce jour»

Sept autres communes autour de Seyne-les-Alpes ont été sollicitées pour accueillir les familles étrangères, et les cuistots des cuisines collectives des écoles sont sur le pont. «Hôtels, chambres d’hôtes, gîtes: plus de 800 logements ont été bloqués à ce jour, explique Fanette, à l’office du tourisme Blanche Serre-Ponçon. Nous avons aussi les numéros de téléphone d’habitants ayant spontanément proposé un logement ou même une chambre chez eux», confirme-t-elle.

«Dans le malheur, il faut être solidaires»

Daniel Chabot habite au-dessus de ce village de 1.460 âmes. Il a proposé les six lits de sa demeure. Et ses «trois voisins» également. «On est dans une zone de montagne reculée où il n’y a pas beaucoup d’hébergements, indique-t-il. Et puis dans le malheur, il faut être solidaires.» Denise, elle, a laissé son numéro de téléphone à la mairie au cas où quelqu’un aurait besoin de ses «talents de cuisinière». Pour elle, la barrière de la langue n’est pas un problème. «Ma fille parle anglais mais je pense que ces gens ont besoin de chaleur et de présence. Dans ce genre de cas, les mots sont vains», raconte-t-elle, en sortant de la maison de la presse du village.

Qui sont les victimes du crash de l'A320 dans les Alpes?

Dans la rue commerçante, elle croise Adrianne, une autre habitante. Elle se rend à la mairie pour proposer son aide bénévolement. «Ces gens qui arrivent ont une telle souffrance en eux… souffle-t-elle. Toutes ses familles vont être unies dans cette douleur et vont certainement vouloir rester ensemble. Aujourd’hui je laisse mon numéro pour proposer une chambre s’il en manque mais aussi mon aide pour l’organisation, pour transporter des repas… je ne sais pas… Tout ce qui pourra leur rendre ce morceau de vie moins difficile».