Marseille: Les frères Costa condamnés lundi

JUSTICE Un mandat d'arrêt a été délivré contre Dominqiue Costa...

20 Minutes avec AFP

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Illustration justice.
Illustration justice. — G . VARELA / 20 MINUTES

Dominique Costa, un éleveur de vaches corse soupçonné d'appartenir au grand banditisme insulaire, a été condamné lundi par le tribunal correctionnel de Marseille, à quatre ans de prison et à une amende de 50.000 euros. Un mandat d'arrêt a été délivré contre lui.

Cet homme de 60 ans n'avait pas comparu lors de l'audience en février dernier, mais était représenté par son avocat. Il a été reconnu coupable de blanchiment habituel commis à travers des investissements occultes dans différents commerces de Bastia et Corte ainsi que pour l'extorsion d'un salaire fictif auprès d'une société maritime de Calvi.

Son frère Jacques Costa, 65 ans, conseiller général de Haute-Corse et président du parc naturel régional de Corse, est condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, une amende de 20.000 euros et à une interdiction définitive de gérer pour des abus de biens sociaux commis au sein de son entreprise Travaux Publics Moltifao, du nom de la commune dont il est le maire.

Une enquête avait été ouverte en 2009 sur le train de vie de la famille Costa dont l'un des membres, Maurice Costa, abattu en août 2012, était présenté comme un parrain fondateur de la Brise de Mer, célèbre bande criminelle insulaire.

«S'il n'était pas le frère de...»

Selon l'accusation, «un point commun existait dans ce système à géométrie variable : la volonté de s'enrichir au détriment de la loi» . Mais, à l'audience, le procureur avait opéré un distinguo entre «les abus de biens sociaux classiques» commis par l'élu, son fils et son épouse au détriment de leur entreprise familiale, et «une dimension plus ancrée dans le grand banditisme à travers les délits d'extorsion, de blanchiment, de travail dissimulé» reprochés à son frère Dominique Costa.

La défense de Jacques Costa avait dénoncé «un dossier construit sur l'amalgame». «Si Jacques Costa ne s'appelait pas Costa, s'il n'était pas le frère de..., et encore moins maire de Moltifao, peut-être aurait-il été jugé plus rapidement devant le tribunal de Bastia», avait plaidé Lucas Montagnier, défenseur de l'élu.

Le tribunal a condamné six autres prévenus, proches des deux frères Costa, à des peines allant de quatre mois de prison avec sursis à trente mois de prison ferme, une condamnation prononcée contre Jérôme Feliciaggi, 45 ans, associé à Dominique Costa dans l'exploitation de machines à sous. Le mandat d'arrêt décerné le 24 septembre 2012 contre ce dernier a été confirmé par le tribunal qui a par ailleurs prononcé de multiples confiscations de sommes d'argent et de véhicules.