Marseille: Trois ans de prison requis contre le rappeur «Lacrim»

JUSTICE Le tribunal juge une affaire corso-marseillaise mêlant trafic de drogue et règlements de comptes...

20 Minutes avec AFP

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Lacrim.
Lacrim. — AFP

Trois ans de prison ont été requis mardi à l'encontre du rappeur marseillais «Lacrim», dans une affaire corso-marseillaise mêlant trafic de drogue et règlements de comptes.

Le représentant du parquet du tribunal correctionnel de Marseille, Jean-Jacques Fagni, a en outre ordonné un mandat d'arrêt à l'encontre de «Lacrim», de son vrai nom Karim Zenoud, appelé à comparaître pour détention et transports d'armes dans cette affaire, mais qui ne s'est pas présenté devant le tribunal.

Mis à part des empreintes sur des chargeurs de fusil d'assaut qu'il aurait déposées, selon lui, lors d'un tournage de clip qu'il a reconnu, aucun lien n'a été établi entre lui et les neuf autres prévenus.

Karim Zenoud «surfe sur la logique de la violence», a déclaré Jean-Jacques Fagni lors de l'audience, décrivant un homme déjà condamné par le passé «qui avait semblé faire amende honorable» mais «reprend à sa sortie de prison le même filon de la violence».

Un laboratoire de cocaïne

Le parquet a par ailleurs requis 10 ans de prison à l'encontre de Sabri Chorfia, soupçonné d'être un «baron» de la drogue, condamné à 9 ans de prison en février pour importation de cocaïne entre la République dominicaine et la région marseillaise.

«C'est la suite logique du procès de février » a estimé le procureur adjoint. «Nous avons la source de "l'approvisionnement"».

A la suite d'un renseignement, les enquêteurs avaient découvert dans un appartement des quartiers Nord la «base logistique d'une équipe qui a une forte activité (dans la) cocaïne, mais aussi d'autres activités», avait estimé la présidente du tribunal citant «un labo de transformation de drogue tout équipé et un arsenal complet».

Jean-Jacques Fagni a décrit Sabri Chorfia comme «un jeune chef d'entreprise dynamique» au sein d' «une sorte de supermarché du crime».

Chorfia a refusé de répondre aux questions lors de l'audience. «Je suis jugé d'avance, tout est joué d'avance avec ce que les journalistes ont écrit», s'est-il borné à dire.

D'autres peines de 8 mois avec sursis à 8 ans de prison ont été requises contre les autres prévenus. Parmi eux, 4 ans ont été demandés à l'encontre d'Alain Esposito, condamné en 1992 à 12 ans de réclusion criminelle pour braquage et qui nie son implication. Cinq ans ont été requis contre une autre figure corse: Anto Simonu Moretti.