Marseille: Un labo de drogue et un dépôt d'armes au coeur du banditisme corso-marseillais

JUSTICE Le procès s'est ouvert ce lundi...

20 Minutes avec AFP

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Illustration d’héroïne.
Illustration d’héroïne. — M.LIBERT/20 MINUTES

Le tribunal correctionnel de Marseille juge à partir de lundi dix personnes pour trafic de drogue et détention d'armes, après la découverte en janvier 2013 d'un appartement abritant un laboratoire de transformation de cocaïne, ainsi qu'un véritable arsenal d'armes de guerre.

Parmi les dix prévenus, comparaît notamment Karim Zenoud, dit «Lacrim» sur la scène rap française, poursuivi seulement pour détention et transport d'armes. Le rappeur, qui a reconnu avoir emprunté l'arme, chargée, pour les besoins d'un tournage, et même l'avoir utilisée sur un terrain vague avant de la rendre, n'était pas présent à l'audience lundi matin.

Aucun lien n'a été établi entre lui et les autres prévenus, soupçonnés de constituer un réseau de trafiquant de drogue. Il n'était pas présent à l'audience lundi matin.

Les neuf autres protagonistes, originaires de Marseille ou de Corse, qui ont nié leur implication durant l'enquête, dessinent en revanche les contours d'un «banditisme corso-marseillais» où se mêlent trafic de drogue, argent et armes de guerre et règlements de comptes. Six d'entre eux comparaissent détenus.

5 fusils d'assaut, 2 fusils à pompe, 213 g d'héroïne...

A la suite d'un renseignement, au dernier étage d'un immeuble dans les quartiers nord, les enquêteurs ont découvert dans un appartement un laboratoire de transformation de drogue tout équipé et un arsenal complet. Lors des saisies, les policiers avaient trouvé 2 kg de cocaïne, 128 kg de produit de coupe, 213 g d'héroïne, deux balances, une presse hydraulique, 5 fusils d'assaut, 2 fusils à pompe, une carabine de chasse, 1.701 munitions, ainsi que des tenues et accessoires de police. Et d'innombrables traces ADN et empreintes digitales avaient été relevées, qui ont permis de mettre en cause les prévenus.

Parmi eux, quelques hommes bien connus de la justice, comme Alain Esposito, condamné en 1992 à 12 ans de réclusion criminelle pour braquage. Interrogé lundi matin, il a de nouveau nié son implication. Selon les surveillances policières, ce dernier était en contact avec des Corses, notamment Jérôme Salvadori, également mis en cause par son profil génétique retrouvé dans l'appartement, avant d'être tué début 2013 dans un règlement de comptes.

Autre figure corse qui comparaît devant le tribunal: Anto Simonu Moretti, un proche de Salvadori interpellé en possession d'une arme. Victime d'une tentative d'assassinat le 28 juin 2013, il est mis en examen lui-même dans une affaire semblable. «Je n'ai pas d'explication à vous donner», s'est-il borné à répondre lundi alors qu'il était interrogé sur les traces génétiques retrouvées dans le logement.

Des traces ADN correspondent celles du braquage d'un dépôt central d'argent à Gémenos

Signe, selon les enquêteurs, qu'une véritable « équipe » aux multiples activités gravitait autour de cet endroit, l'une des traces ADN qui y ont été retrouvées, non identifiée, correspond à celles du braquage d'un dépôt central d'argent à Gémenos, ainsi qu'à une scène d'échanges de tirs avec des gendarmes.

Deux autres figures présumées de la drogue à Marseille, enfin, sont jugées: Sabri Chorfia dont les empreintes et les traces ADN ont été retrouvées partout dans l'appartement, et celui qui est présenté par les enquêteurs comme son bras droit, Cyril Turc. Les deux hommes ont été récemment condamnés à 9 ans et 8 ans de prison pour importation de cocaïne après leur interpellation en février 2013 à l'aéroport de Toulouse-Blagnac lors d'une livraison de 17 kg en provenance de République dominicaine.

Sabri Chorfia, présenté comme un véritable «baron» de la drogue, est également poursuivi pour «blanchiment» dans un autre dossier, qui donne la dimension de l'argent brassé par le prévenu. Le patrimoine immobilier détenu par lui et ses proches au travers de SCI compte en effet plusieurs dizaines de biens, immeubles, appartements ou maisons individuelles.