La guerre du thon n'est pas finie

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Match retour. Après la bataille navale dans le port de Marseille en août dernier, à l'occasion de la venue du bateau de Greenpeace le Rainbow Warrior, l'affrontement se déplace dans les bureaux de l'Union européenne (UE). Le Parlement européen examinait hier un projet de « plan de reconstitution des stocks de thon rouge » en Méditerranée. Fin janvier, l'Europe s'est fixé pour objectif, comme le Japon, de réduire de 20 % ses captures de thon rouge. La France dispose d'une flotte d'une trentaine de thoniers, essentiellement actifs en Méditerranée. Ce plan aurait « un impact dramatique, voire irréversible, pour des centaines de travailleurs » dans et hors de l'UE, estime l'association européenne des thoniers senneurs de Méditerranée, présidée par le Marseillais Mourad Kahoul. Greenpeace rejette la responsabilité sur l'Etat français : « On a laissé se développer une flotte trop nombreuse par rapport à la ressource en poissons, accuse Stephan Beaucher, responsable de la campagne Océan à Greenpeace. Un bateau coûte de 3 à 5 millions d'euros. Pour être rentables, ils pêchent plus qu'ils ne sont autorisés à le faire. »

Pêcheurs et écologistes multiplient ces jours-ci les actions de lobbying auprès des instances européennes, en se focalisant notamment sur l'accès aux eaux libyennes, qui concentreraient 60 % du stock de thon en Méditerranée. Fin avril, l'Espagne a interdit toute capture au large de la Libye. « La France devait faire de même, mais la circulaire ministérielle n'est toujours pas sortie », peste Stephan Beaucher.

quota Les députés européens devraient se prononcer courant juin sur le projet de réglementation de la pêche. La Commission européenne veut attribuer un quota de 5 500 tonnes de thon aux pêcheurs français.