Marseille: Le personnel des cantines veut davantage de «tatas»

EDUCATION La grève des cantines met les parents dans l'embarras...

A.R.

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Dans une cantine scolaire à Marseille.
Dans une cantine scolaire à Marseille. — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

Un «casse-tête chinois», un «parcours du combattant», voir de la «folie furieuse». Face à la grève des «tatas» dans les cantines scolaires, les parents commencent à perdre patience. Depuis septembre, à l'appel du syndicat CGT, elles se mettent ne grève tous les vendredis midis. Depuis lundi, elles sont appelées à cesser le travail entre une et deux heures par jour jusqu'au 20 mars. Les tatas demandent notamment du personnel supplémentaire.

«Mon fils est revenu de l'école sans avoir mangé de la journée»

«Les parents ont épuisé toutes les solutions: les RTT, les voisins, la famille etc. Certains enfants rentrent seuls de l'école le mercredi midi et se débrouillent», raconte Muriel Wolff, la présidente FCPE de l'école élémentaire Friedland (6e), touchée lundi par la grève des cantines. Mercredi, les parents d'élèves de cette école, ainsi que celle de Lodi et de Delphes organisent un pique-nique de protestation à l'école de Delphes à 11h45.

Sabine, maman d'un enfant en élémentaire, a, elle, épuisé tous ses congés. «Je suis en train de prendre sur les vacances d'été donc je reporte le problème puisque cet été je n'aurai plus de jours et toujours pas de moyens de garde», raconte-t-elle. Pour autant, elle soutient le mouvement des Atsem, «pour la sécurité des enfants demi-pensionnaires». «Avoir une tata qui surveille 60 enfants ce n'est pas assez, pense Sabine. Une fois, mon fils est revenu de l'école sans avoir mangé de la journée. Il n'avait pas faim à la cantine et personne ne l'a incité à déjeuner correctement».

«Les agents font le ménage, elles aident le personnel, elles sont à la cantine... Elles ne peuvent pas tout faire!, estime Christelle Mas, mère de trois enfants et présidente FCPE à l'école maternelle de Delphes (6e). Lorsqu'il y a une malade, elle n'est même pas remplacée. Et en même temps, on prend les parents en otages. Il faut vraiment que la mairie entende parents et agents».

Des embauches à la rentrée prochaine

Vendredi, une rencontre a été organisée entre la CGT et la municipalité. «Ils demandent des privilèges stupides, par exemple que leurs enfants ne payent pas la cantine mais on n'est plus sous Louis IV, s'agace Danièle Casanova (UMP), l'adjointe à l'Education. Ils veulent aussi que l'on embauche 600 personnes mais pour ceci il faudrait augmenter de 15% les impôts».

Selon l'adjointe au maire, des efforts vont tout de même être consentis. «Des embauches auront lieu pour la rentrée prochaine, mais pas 600», assure l'élue qui regrette le fort taux d'absentéisme des agents, entre «30 et 40% par jour». De son côté, le syndicat CGT a prévu de manifester jeudi à 10 heures devant la mairie.