Marseille: La rédaction de «Marsactu» donne rendez-vous à ses lecteurs

MEDIAS Le pure player a été placé en liquidation judiciaire mercredi...

20 Minutes avec AFP

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Le site de Marsactu.
Le site de Marsactu. — 20 Minutes

La rédaction de Marsactu donne un premier rendez-vous à ses lecteurs mardi 10 mars à 18 H 30 à La Bo[a]te (1er) pour discuter d'un nouveau projet. Selon Benoît Gilles, le rédacteur en chef du pure player d'informations, les journalistes veulent  «continuer sur un projet de média numérique indépendant, qui conservera sa liberté de ton journalistique».

«Nous allons inviter nos lecteurs pour en débattre, et discuter de la manière dont cette communauté pourrait nous aider à construire un nouveau projet, qui ne pourra en tout état de cause pas être fondé sur un modèle gratuit», a-t-il expliqué.

Mercredi, Raj Médias, la société marseillaise éditrice du pure player d'informations Marsactu et de la lettre économique digitale Marséco, a été placée en liquidation judiciaire mercredi, a-t-on appris jeudi auprès de son fondateur Pierre Boucaud.

Cette décision, qui fait suite à la cessation de paiement de la société le 27 février, n'est «malheureusement pas une surprise, tant la voie du redressement judiciaire était étroite», a déclaré Pierre Boucaud, gérant et lui-même co-actionnaire.

Connu pour le sérieux de son travail d'enquête et revendiquant 200.000 visiteurs, Marsactu, site gratuit financé par la publicité créé en 2010, a enregistré 175.000 euros de pertes en 2013, pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 200.000 euros, selon Pierre Boucaud. Lancée en juin pour diversifier les revenus, la lettre d'information Marséco, payante, avait recruté 100 abonnés (à 500 euros l'année).

Les 7 salariés, tous journalistes, seront licenciés.

«Nous n'avons pas su résoudre la question du modèle économique. Nous réfléchissions à une option payante, mais il fallait investir de nouveau 150.000 euros, et nous n'en avions trouvé que 50.000, auprès de nos actionnaires», a poursuivi Pierre Boucaud.

Un «niveau de consommation de presse assez faible à Marseille»

Deux raisons spécifiques à l'environnement marseillais ont selon lui accentué les difficultés financières: «le fait que le marché publicitaire est dominé par les collectivités locales, dont nous n'avons jamais rien perçu, et le niveau de consommation de presse assez faible à Marseille».

De source proche du dossier, un repreneur issu du secteur des médias s'est également manifesté.

Les socialistes Marie Arlette Carlotti, Michel Pezet et Laurent Lhardit lancent un appel pour sauver «la presse indépendante locale». Ils proposent notamment de «créer un fonds de soutien pour attribuer des aides financières urgentes» ou pour se porter garant auprès des banques. A Marseille, la chaîne LCM a subi un plan social. Le Ravi et La Marseillaise sont en difficulté.