Marseille: Le tramway responsable de 65 dépôts de bilan rue de Rome

TRANSPORTS Après 2 ans et demi de travaux, les essais techniques des rames vont démarrer...

Mickael Penverne

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Marseille, le 5 mars 2015, le chantier du tramway rue de Rome touche à sa fin.
Marseille, le 5 mars 2015, le chantier du tramway rue de Rome touche à sa fin. — Mickaël Penverne / 20 Minutes

Le président de la communauté urbaine, Guy Teissier, et celui de la RTM, Maxime Tommasini, viennent d’inaugurer le parking relais Sainte-Marguerite-Dromel qui doit permettre aux usagers des transports en commun de laisser leur voiture dans un endroit sécurisé. L’emplacement de ce nouvel équipement, qui propose 370 places, n’a pas été choisi au hasard puisque c’est là que devrait arriver le futur tramway lorsqu’il sera prolongé, au-delà de la place de la Castellane.

Mais ce n’est pas pour demain. Pour l’instant, le tramway ne va même pas jusqu’à la place Castellane. Le chantier de la rue de Rome a pris en effet six mois de retard. La faute notamment à la découverte de réseaux «non-répertoriés» et à la construction d’une dalle supplémentaire. Pour mettre fin à ce chantier, Guy Teissier a imposé aux entreprises d’accélérer la cadence, et même de travailler la nuit. Après plusieurs mois d’effort, la fin du chantier n’a jamais été aussi proche.

Marseille, le 5 mars 2015, le chantier du tramway rue de Rome touche à sa fin. - Mickaël Penverne / 20 Minutes

Les essais techniques du tramway devraient démarrer dans une semaine. L’opération prendra environ un mois puisque chaque phase nécessite «une validation d'instances de sécurité pour la poursuite de ces essais», explique la communauté urbaine. Mi-avril: début des marches à blanc avec de nouvelles phases de contrôles qui, à l’issue de toutes les validations, doit conduire à la délivrance de l'autorisation d’exploitation commerciale par la préfecture des Bouches-du-Rhône. Pour finalement aboutir, si tout se passe bien, à la mise en route du tram vers la seconde quinzaine de mai.

Le pire est donc passé. La rue a retrouvé un peu de calme et de quiétude. Trop peut-être au goût de certains commerçants qui contemplent le désastre. «C’est une catastrophe, grommelle Philippe Gourvil, un boulanger. Entre 2013 et 2014, j’ai perdu entre 5 et 7000 euros par mois. Je suis passé de 13 salariés à 5. Aujourd’hui, je n’ai plus qu’une envie: vendre». Selon les commerçants, la rue de Rome aurait enregistré 65 dépôts de bilan à cause du chantier. «Il y avait des difficultés avant la crise, c’est certain. Mais ce chantier a été le coup de grâce pour beaucoup d’entre nous, reprend Philippe Gourvil. Cette petite plaisanterie a quand même duré deux ans et demi».

Marseille, le 5 mars 2015, le chantier du tramway rue de Rome touche à sa fin. - Mickaël Penverne / 20 Minutes

Un autre commerçant, de prêt-à-porter celui-là, pense également à vendre son commerce. «Je signe dès demain s’il le faut», déclare-t-il, déterminé. Pessimiste, il explique ne pas attendre de rebond de l’activité avec l’arrivée du tram – ce qui est pourtant l’un des effets recherchés. «Pour cela, il faudrait de nouvelles enseignes, de la publicité. On a une clientèle locale ici. On n’a rien pour attirer une autre clientèle». Après avoir mis en place un fonds d’indemnisation pour les commerçants, la communauté urbaine promet d’assurer une campagne de communication pour célébrer la «nouvelle rue de Rome». Une journée de festivités sera même programmée. Reste à savoir quand.