Méditerranée: La température de l'eau pourrait augmenter entre 2 et 4°C

ENVIRONNEMENT Certaines espèces pourraient disparaître avec le réchauffement climatique...  

Mickael Penverne

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Des touristes se baignant dans la mer Méditerranée, à Nice.
Des touristes se baignant dans la mer Méditerranée, à Nice. — BEBERT BRUNO/SIPA

A 9 mois de l’ouverture de la Conférence Paris Climat 2015, des chercheurs de Météo France, de l’université de Toulouse et de deux laboratoires espagnols viennent de publier une étude sur le site de Climate Dynamics sur le réchauffement de la Méditerranée. Les simulations mettent en évidence une augmentation des températures pouvant aller, dans le pire des cas, jusqu’à 4°C pour la fin du 21e siècle.

Les scientifiques considèrent la Méditerranée comme un «hot spot» du changement climatique. «Les effets attendus y sont particulièrement importants et les impacts environnementaux et socio-économiques risquent d’y être très prononcés», expliquent-ils dans un communiqué. Sur les 50 dernières années, la température des eaux de Mare Nostrum a déjà augmenté d’environ 1°C.

Tempêtes et sécheresse

Selon l’étude franco-espagnole, elles devraient encore augmenter de 1,7 à 3°C, en moyenne, sur l'ensemble de la zone. «Mais dans certains endroits, elles pourraient s'approcher des 4°C : autour des îles Baléares, au Sud de la Sicile, en mer Egée, en mer Tyrrhénienne ou encore dans le bassin Levantin», indique Fanny Adloff, chercheur au Centre national de recherches météorologiques (CNRM).

Les conséquences demeurent difficiles à évaluer avec précision mais les scientifiques s’accordent à considérer que le réchauffement entraînera une augmentation et une aggravation des phénomènes climatiques «extrêmes» comme les tempêtes et les sécheresses. En outre, l’eau se réchauffant, elle se dilate. Le niveau de la mer pourrait donc monter de 60 cm d'ici la fin du siècle, ce qui augmenterait d’autant la violence de ces «extrêmes».

La hausse des températures aura aussi un impact sur la faune et la flore. «Certaines espèces endémiques pourraient être menacées, explique Fanny Adloff. Si les eaux se réchauffent au sud, elles migreront naturellement vers le nord. Mais avec l’effet cul-de-sac, on peut s’attendre à une hausse de leur mortalité». D’autres espèces, à l’inverse, pourraient proliférer comme les méduses.

Une solution mondiale

Au bout de la chaîne, c'est l'homme et ses activités (pêche, tourisme...) qui seront évidemment impactés. En 2000, la population totale des 22 pays qui bordent la Méditerranée était de 427 millions d’habitants (soit 7% de la population mondiale). Selon les prévisions, cette population, en très forte expansion, devrait atteindre 524 millions d’habitants à l’horizon 2025.

«Le réchauffement est inévitable jusqu’en 2040-2050 parce que les gaz à effet de serre qui en sont responsables ont été émis à la fin du siècle dernier, reprend Fanny Adloff. Ce qui veut dire que ceux que nous émettons actuellement auront un impact jusqu’à la moitié du 21e siècle. Mais pour l’après-2050, nous avons encore les clés en main. On peut moduler les choses. Tout dépendra de notre choix de société mondiale».

La Conférence Paris Climat 2015 a pour objectif d'aboutir à la signature d'un accord international qui permettra de contenir le réchauffement global de la planète en deçà de 2°C. Elle se tiendra au Bourget du 30 novembre au 11 décembre 2015 et rassemblera 20 000 représentants et observateurs venus du monde entier.

>>>Retrouvez ici une vidéo expliquant le changement climatique