Marseille: Des riverains veulent sauver une pinède au pied des calanques

ENVIRONNEMENT Une quarantaine d'arbres doivent être abattus pour permettre la construction de deux immeubles de logements...  

Mickael Penverne

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Des associations contestent un projet immobilier au pied du parc des calanques.
Des associations contestent un projet immobilier au pied du parc des calanques. — Mickaël Penverne / 20 Minutes

Après le parc Michel Levy il y a quelques semaines, un autre projet immobilier est aujourd’hui contesté pour sauver des arbres. L’association Robin des Bois vient d’écrire au maire UMP des 9e et 10e arrondissements, Lionel Royer-Perrault, ainsi qu’à plusieurs services administratifs, pour leur demander de protéger une pinède située sur le boulevard Louis Pierotti (9e), à quelques centaines de mètres de l’entrée de la calanque de Sormiou.

Un permis de construire a été délivré pour construire, à la place d’un bâtiment désaffecté de la Banque Populaire Provençale et Corse, deux immeubles de 145 logements sur près de 8500 m2. «La végétation existante présente sur le site est relativement dense, écrit le cabinet Pietri Architectes dans sa présentation. Une pinède, formée de 50 pins d’Alep dont 80% sont à maturité, occupe la presque totalité de la parcelle».

Une question de survie

Or, selon Robin des Bois, une quarantaine d’arbres devraient être abattus par ce chantier «réduisant les individus restant à un simple rôle de clôture et de mur végétal plus ou moins séparatif. L’écosystème de la pinède existante sera détruit». L’association s’interroge sur l’absence d’études d’impact «sur la faune et la flore de cette mutilation» et sur «la capacité du chantier à garantir (…) la survie des individus théoriquement préservés».

Jacky Bonnemains, président de l’association, demande donc aux autorités de «rejeter ce projet et de la ramener à des dimensions compatibles avec la protection de l’environnement». Contacté, l’écologiste reconnaît ne pas connaître le site et avoir pris conscience du problème «sur Google». En fait, ce sont les riverains qui l’ont alerté. «Ce sont des arbres magnifiques qui ont une trentaine d’années, explique l’un d’eux. S’ils en abattaient quelques-uns, on comprendrait mais là, ils veulent détruire la totalité».

Un recours en cours

«Le PLU (plan local d’urbanisme) permet la constructibilité de cet espace comme il a permis la constructibilité des logements de ceux qui se plaignent aujourd’hui, répond le maire de secteur Lionel Royer-Perrault. En outre, le programme prévoyait au départ 175 logements et je l’ai fait baisser à 145. Enfin, si 41 arbres seront effectivement abattus, 14 seront conservés et 68 seront replantés. Dernière chose : on est en limite du parc des calanques. On a donc tout loisir de profiter de la nature très facilement».

Malgré ces arguments, les riverains ont mandaté un avocat pour déposer un recours devant le tribunal administratif contre le permis de construire.