Marseille: La série «Quartiers Nord» promet d'enflammer le petit écran

Amandine Rancoule

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Marseille le 18 FEVRIER 2015. Les Marseillais de Beatbounce proposent ´Quartiers Nordª, une sÈrie sur le quotidien des habitants des citÈs. Lancer le diaporama
Marseille le 18 FEVRIER 2015. Les Marseillais de Beatbounce proposent ´Quartiers Nordª, une sÈrie sur le quotidien des habitants des citÈs. — Amandine Rancoule / 20 Minutes

Le premier épisode, tourné à la cité Belle Ombre, est déjà en boîte. Les Marseillais de Beatbounce, société de production connue dans le milieu du rap, lancent une série sur la vie dans les cités du Nord de Marseille. Dans «Quartiers Nord», on croise de la violence, du trafic, des bandits, des mères, des familles, de l'amitié, de l'amour...

Loin des décors studios de «Plus belle la vie», «Quartiers Nord» est tournée in situ et met en scène les vrais habitants. «On sent que ce sont de vrais personnages, ça sonne juste car les habitants jouent leur propre rôle», raconte Mike Ristorcelli, un des acolytes de Beatbounce.

Sur le tournage de l'épisode 1 de «Quartiers Nord» - Beatbounce Entertainment/Deucis Sense Photographer

«Pour un souci de crédibilité, je tenais à les faire jouer, ajoute Youssoupha Mass, le fondateur de Beatbounce à l'origine du projet. Si je peux rester dix ans dans les quartiers à tourner quinze saisons et faire baisser le chômage en faisant jouer aux habitants leurs propres rôles, c'est le kiff.»

Dans ce casting, Pierre-Marie Mosconi, fait figure de tête d'affiche.

Sur le tournage de l'épisode 1 de «Quartiers Nord». - Beatbounce Entertainment/Deucis Sense Photographer

«Marseille est la ville que je préfère au monde, souligne l'acteur de Mafiosa. Et puis j'adore la qualité du travail de Beatbounce. On travaille en confiance, il m'explique ce qu'il veut, l'intention, et il me laisse exister dans mon personnage. Par exemple, je peux mettre des mots corses dans les dialogues et les gars des quartiers sont pleins d'expressions qu'ils disent face à la caméra. il y a une vraie liberté de ton», conclut l'acteur.

La série entend montrer la réalité de la vie dans ces quartiers. «L'idée m'est venue il y a dix ans. Ça a démarré par une histoire tragique dans mon quartier, à la Solidarité (15e): un homme s'est fait assassiner, c'était ce que l'on appelle un "dommage collatéral". Je me disais qu'il fallait que j'en parle, je n’étais pas encore prêt puis il y a eu d'autres événements et aujourd'hui, c'est le moment», raconte Youssoupha Mass.

Les compères de Beatbounce veulent aussi filmer la vie, une fois parties les caméras. «On montre l'impact du banditisme dans les cités, raconte Youssoupha Mass. Un jour, un homme a tué un autre homme, ils se connaissaient depuis petits, leurs familles se connaissaient. Comment ça se passe ensuite? Quand la mère de l'un croise la mère de l'autre? Et on veut aussi montrer les sportifs, les diplômés, les gens qui s'en sortent...»

Youssoupha est l'un d'eux. A 17 ans, il le sait: il veut faire du cinéma.  Après plusieurs tentatives infructueuses pour intégrer des écoles, il arrête les cours. «Là, je l'annonce à mes parents. Mon père met sa veste et me dit "on va acheter une caméra"». Ensuite il fait des clips avec les copains du quartier. Puis avec les copains rappeurs, Soprano, Akhenaton, la Fouine, les Psy 4 de la Rime... Il fait un tabac avec le clip Crise de nerfs, qui raconte l'histoire «incroyable, tellement cinématographique» de la BAC nord de Marseille.

Avec la série, c'est davantage une entreprise au long cours. Les 10 prochains épisodes sont écrits dans la tête de Youssoupha Mass. Ils prendront vie sous la plume de Jérôme Pierrat, puis sous l'œil des caméras. BeatBounce est actuellement la recherche d'un diffuseur. «Si ça ne marche pas, on trouvera un autre moyen pour diffuser la série, sur Internet, sur les réseaux sociaux...», annonce l'équipe. Peu importe. «Quartiers Nord» vivra.