Marseille: Des soldes d'hiver au rabais

ECONOMIE Selon une enquête de la Chambre de commerce et d'industrie, le chiffre d'affaires liées aux soldes est encore en baisse...

M.P.

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Les soldes n'ont pas attiré les consommateurs (photo archives)
Les soldes n'ont pas attiré les consommateurs (photo archives) — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Les cartons de promotion ont été remisés et les nouvelles collections s’affichent déjà dans les vitrines. Pour beaucoup de commerçants du centre-ville, il est temps de passer à autre chose et d’oublier ses soldes d’hiver 2015. «Ça n’a pas été bon du tout, témoigne une vendeuse dans un magasin de prêt-à-porter de la rue Saint-Ferréol. Sur l’ensemble du groupe, on a perdu 15% du chiffre d’affaires par rapport à 2014. Et l’année dernière, ce n’était déjà pas terrible…»

Dans la plupart des commerces du centre-ville, c’est la même chanson - déjà entendue il y a un an : les soldes ont été décevantes. Elles «n’ont pas eu l’effet escompté», précise la Chambre de commerce et d’industrie Marseille-Provence (CCIMP) qui publie une enquête de satisfaction auprès des commerçants du centre-ville. Près d’un professionnel sur deux n’a pas atteint les résultats de l’année dernière, «jugés déjà décevants».

«Il y a d'abord la crise économique qui perdure et puis tous les travaux dans la rue de Rome qui se poursuivent, énumère Maxime Melka, de la fédération Terre de Commerces. Les Terrasses du Port ont également fait du tort au centre-ville. Ça, c'est indéniable. Enfin, les grosses enseignes, comme H&M, Zara et Primark, ont complètement bradé leur stock avec des remises à -70, voire -80%».

Un CA stable, voire en hausse

Beaucoup de commerçants ont observé une baisse de la fréquentation de leur magasin. Aux ventes privées qui se généralisent et aux soldes sur Internet qui se développent s’est ajouté cette année les attentats de Paris début janvier. «On est à Marseille d’accord mais il y a eu un impact quand même, assure une commerçante. C’est le genre d’événement qui enlève l’envie de faire du shopping. Après, on ne rattrape pas ce qui est perdu…»

Dans cette boutique de chaussures de la rue «Saint-Fé», dotée d’un système de comptage à l’entrée du magasin, on a observé une baisse de la fréquentation de 30% environ par rapport à l’année dernière. «Heureusement, on ne s’en sort pas trop mal au niveau du chiffre d’affaires», sourit une employée. Selon la CCIMP, un peu moins de la moitié des commerçants interrogés (48%) pense en effet «afficher un chiffre d’affaires stable ou en hausse».

«Cela marque un infléchissement dans une tendance à la baisse depuis plusieurs années», indique-t-elle. Le panier moyen se situe désormais à 78 euros, contre 75 euros en 2014.