Marseille: La sénatrice PS Samia Ghali favorable aux caméras et aux blouses dans les écoles

POLITIQUE Avant l'arrivée de Manuel Valls à Marseille, la maire-sénatrice des quartiers Nord ne veut pas être «angélique»...

Mickael Penverne

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Samia Ghali.
Samia Ghali. — P.Magnien / 20 Minutes

Manuel Valls et Bernard Cazeneuve viennent à Marseille lundi. Quel regard portez-vous sur le niveau de sécurité dans la ville ?

Marseille est partie de très loin et la situation s’est nettement améliorée. J’avais fait de nombreuses démarches auprès de Brice Hortefeux puis de Claude Guéant mais c’est Manuel Valls qui a été le plus attentif. C’est lui qui a pris les choses sérieusement mêmes s’il reste beaucoup de choses à faire, tout est encore fragile. Dans les quartiers, les problèmes de drogue et de prostitution (un phénomène dont on parle très peu) sont des faits encore omniprésents. Il y a aussi des écoles vandalisées, saccagées.

Des renforts policiers ont été déployés dans la ville depuis quelques années. Que faudrait-il de plus ?

Maintenant, c’est à la ville de faire des efforts. Il n’y a toujours pas de vidéoprotection dans les quartiers Nord. On ne peut pas protéger uniquement le centre-ville ! Il faut aussi la police municipale dans les quartiers Nord et puis des caméras dans les écoles. Parce que tous les établissements qui sont situés à proximité d’un trafic ont été vandalisés. C’est ce qui s’est passé à la Maurelette et à la Castellane. Vous imaginez le traumatisme pour les enfants? Il faut des caméras aux abords et à l’intérieur des écoles, quitte à ne pas les faire fonctionner quand les enfants sont là.

 

La ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, accompagne Manuel Valls et Bernard Cazeneuve. Confirmez-vous le maintien du groupe scolaire Air Bel dans le dispositif d’éducation prioritaire (REP) ?

Oui, depuis le 3 décembre, j’ai vu la ministre, son cabinet et ses collaborateurs à plusieurs reprises. C’était l’inspection académique qui bloquait, pour une question de principe. Qu’Air Bel ne soit pas dans ce dispositif était une aberration. Pour moi, c’était impensable.

 

Vous organisez une rencontre avec Najat Vallaud-Belkacem et des parents d’élèves lundi après-midi au centre social Mirabeau (15e). Qu’est-ce que vous en attendez ?

D’abord, la ministre avait prévu depuis longtemps de venir à Marseille. Ensuite, il y a des mots qui sont aujourd’hui revenus à la mode comme l’égalité. Aux mots, moi, je préfère les actes. Il est très important de rétablir cette égalité, notamment à l’école. Je suis favorable, par exemple, à l’instauration du tablier (ou de la blouse si vous préférez) en maternelle et en primaire, et de l’uniforme au collège et au lycée. Cela mettrait tout le monde au même niveau. Ce serait aussi un moyen de lutter contre le harcèlement.

 

Cette mesure suffirait, selon vous, à éviter le harcèlement ?

Il faut aussi sanctionner le harceleur. Je ne dis pas de l’envoyer en prison mais il faut le condamner à du travail d’intérêt général. Ramasser les feuilles dans la cour, par exemple. Il faut qu’il y ait une punition. Il est important de faire passer le message. La jeunesse est de plus en plus dure. A force d’être trop angélique, on n’y arrivera pas.

Samia Ghali assure n'avoir jamais été sollicitée pour les primaires socialistes pour les élections régionales, remportés jeudi par Christophe Castaner. La veille, Jean-David Ciot, Premier secrétaire fédéral, avait indiqué qu'elle ne «se sentait pas prête». «Ce n'est pas vrai, affirme-t-elle aujourd'hui. Je suis déjà maire de secteur et sénatrice. Je ne vais pas me présenter à toutes les élections non-plus. Je n'avais pas envie d'y aller, voilà tout. En tout cas, personne ne m'a sollicité». Selon elle, les relations au sein de la fédération seraient également en voie d'apaisement. «Avec Marie-Arlette (Carlotti), on se parle. Avec Patrick (Mennucci), c'est pareil. La page est tournée, en ce qui me concerne. Mais je crois aussi pour tout le monde».