Marseille: Un capteur intelligent optimise la consommation de carburant des voitures

INNOVATION Une voiture équipée du boitier va parcourir l'Europe...

Amandine Rancoule

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Marseille 02 FEVRIER 2015 Présentation du capteur SP3H qui analyse la formulation du carburant dans les voitures pour réduire la consommation et les émissions polluantes.
Marseille 02 FEVRIER 2015 Présentation du capteur SP3H qui analyse la formulation du carburant dans les voitures pour réduire la consommation et les émissions polluantes. — A.Rancoule / 20 Minutes

Cinq générations de prototype et 12 millions d'euros plus tard, le capteur optique de la société aixoise SP3H embarque dans un moteur de voiture, baptisée i-Fusion, pour un voyage de 50 000 km à travers l'Europe. L'objectif est de tester en conditions réelles de route ses capacités en surveillant quotidiennement les données récoltées. Presque dix ans après son invention, l'instrument de 15 cm et de 300 grammes analyse toutes les 20 secondes la composition du carburant et optimise la consommation via un ordinateur. Il ferait ainsi économiser aux moteurs traditionnels près de 5% de carburant et réduirait de 30 à 40% les émissions de particules.

Des carburants de qualité variable

«Un capteur envoie un signal lumineux, le proche infrarouge, qui excite les molécules du carburant, explique Alain Lunati, le président de SP3H. Les molécules s'agitent alors et émettent en bougeant une vibration, différente selon la composition du carburant. L'onde de vibration est analysée par l'ordinateur». Le moteur en tire alors profit et dose son injection de carburant. Aujourd'hui, les voitures sont fabriquées pour traiter un carburant avec des caractéristiques moyennes alors que les carburants sont variables. «Il existe des centaines de brut différent», indique Alain Lunati, selon le pays, les normes en vigueur etc.

Avec un prix de 20 euros pièces, il espère qu'une partie du parc automobile mondial sera équipé de son innovation d'ici deux ans. «Pour faire autant d'économie de carburant et réduire les émissions de polluants, il faudrait alléger les voitures de 400 kg», selon le président de SP3H. Plusieurs équipementiers et constructeurs ne s'y trompent pas et testent actuellement le capteur protégé par 90 brevets dans 27 pays.