Marseille: «Tous les clubs pros ont déjà été approchés par un faux agent»

FOOTBALL Pour le directeur de l’Ecole des agents de joueurs de football, les intermédiaires illégaux, au coeur des suspicions dans l'affaires des transferts de l'OM, viennent salir le métier d'agent...

Loic Becart
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Sydney Broutinovski, directeur général de l'Ecole des agents de joueurs de football, à Marseille le 25 janvier 2015.
Sydney Broutinovski, directeur général de l'Ecole des agents de joueurs de football, à Marseille le 25 janvier 2015. — L. Bécart / 20 Minutes

Les récentes gardes à vue dans l’affaire de transferts suspects à l’OM ont de nouveau mis en lumière le travail méconnu des agents de joueurs. L’Ecole des agents de joueurs de football (EAJF) tenait dimanche au Vélodrome une réunion d’information sur cette profession. Pour son fondateur et directeur général, Sydney Broutinovski, «certains profitent de la méconnaissance du métier pour prendre de l’argent».

Comment réagissez-vous aux affaires qui concernent les transferts de l’OM et notamment l’implication d’agents dedans?

Comme dans toutes les professions, malheureusement, tout le monde n’est pas blanc-bleu. On ne connaît pas encore les tenants et les aboutissants de l’enquête, mais ça arrive, ça fait partie de l’envers du décor du foot professionnel. Je ne cautionne pas du tout les dérives qui peuvent exister. Bien souvent, les gens qui font du tort à la profession sont des intermédiaires illégaux. Lors d’une période de transferts, on va faire l’amalgame entre ces personnes et les agents qui ont un diplôme.

On entend justement beaucoup parler dans cette affaire des rapports entre agents et intermédiaires. Comment apprend-on aux futurs agents à bien gérer ces rapports?

Ça ne s’apprend pas dans les manuels. C’est que de la pratique et du terrain. Aujourd’hui, à l’EAJF, on va vous apprendre ce qui est nécessaire pour l’examen. On a ajouté notre touche pratique avec des intervenants qui viennent du terrain: des conseillers juridiques de clubs, des présidents actuels ou anciens, des juristes, des agents… On fait cette passerelle entre théorie et pratique. Après, je ne vois pas où est le mal quand un agent mange avec un président de club et même s’il y a des cadeaux en fin d’année, ça se fait partout. Des conseillers dans des grandes entreprises envoient des cadeaux à leurs meilleurs clients en fin d’année. Là, c’est pareil.

Quelles sont les dérives à éviter?

Dans 99,9% des cas, ce sont les intermédiaires illégaux, des personnes qui se font passer pour des agents et vont dans les centres de formation en disant: «Je peux t’envoyer en Angleterre ou au Brésil, mais ce sera 2500-3000 euros.» Elles profitent de la méconnaissance autour du métier pour prendre de l’argent. Tous les clubs pros ont à un moment été approchés par un faux agent.

Qui doit légiférer aujourd’hui sur la question des agents?

La France est un des seuls pays au monde à avoir légiféré là-dessus via le Code du sport. Le ministère des Sports s’en occupe donc, néanmoins la FFF a un rôle très important qu’elle ne joue pas aujourd’hui, surtout depuis le reportage de Cash Investigations il y a quelques mois. Leur parler des agents, ça devient un tabou. Il faut durcir les sanctions, avoir un vrai suivi des agents. Aujourd’hui, des agents très connus ont 40-50 joueurs mais ne déposent que quatre ou cinq mandats. Ce n’est pas normal. Plus de fermeté, ce serait bien pour tout le monde.