Marseille : Force Ouvrière met sur la table deux préavis de grève

SOCIAL Les agents territoriaux chargés de la propreté se plaignent du harcèlement de leur direction...

Mickael Penverne
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Marseille, le 15 janvier 2015, Patric Rue de Force Ouvriere presente ses voeux au president de MP Guy Teissier.
Marseille, le 15 janvier 2015, Patric Rue de Force Ouvriere presente ses voeux au president de MP Guy Teissier. — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

Se dirige-t-on vers une paralysie de la ville ? Force Ouvrière, syndicat majoritaire à la communauté urbaine (55% aux dernières élections professionnelles en décembre), a déposé deux préavis de grève pour le 22 janvier: le premier à la Direction de la voirie et aux tunnels pour réclamer des moyens supplémentaires et le second à la Direction de la propreté pour protester contre le «harcèlement» d’une partie de la direction.

«Le personnel et Force Ouvrière ont fait beaucoup de concessions et d’efforts pour contribuer à l’amélioration notamment de la collecte des ordures», a rappelé jeudi Patrick Rué lors de ses vœux au président de la communauté urbaine, Guy Teissier. Et pourtant, a-t-il ajouté, «le climat social n’a jamais cessé de se dégrader» et «on sanctionne les personnels à tour de bras».

GPS dans les bennes

Depuis quelques mois, toutes les bennes à ordures sont équipées d’un GPS qui envoie la localisation en temps réel. La mesure est mal vécue par les équipes qui se sentent «fliqués», selon Patrick Rué. Selon les syndicalistes, 300 rappels à l’ordre auraient été envoyés l’année dernière à des agents pour différentes manquements. «Parfois, parce qu’ils n’ont pas pris de pause ou au contraire, parce qu’ils ont pris 5 minutes de plus ou de moins, assure-t-il. C'est excessif».

Aucun agent du service de la propreté ne souhaite s’exprimer publiquement. En off, certains évoquent leur exaspération. «Ça va mal se terminer. On ira jusqu’au bout», fulmine l’un d’eux. La tension est si forte que plusieurs agents ont débrayé, pendant une journée en décembre, sans avoir déposé de préavis de grève dans les 8e, 9e, 10e, 11e et 12e arrondissements.

Ce mouvement spontané a sonné comme un coup de semonce à l’encontre de la communauté urbaine, moins d’un an après la prise de fonction de Guy Teissier. Mais il est peut-être aussi le signe d’un malaise au sein du syndicat, entre la base qui s’impatiente et la direction qui veut maintenir à tout prix le dialogue avec la communauté urbaine.

«Grands ouverts»

«Dépassé ? Non, mais pas toujours compris, confirme Patrick Rué. Effectivement, la discussion est parfois difficile. Nous, nous traitons les problèmes sur un plan général mais eux (les agents), ils la vivent sur un plan personnel. C’est vrai que, du coup, ça fait un décalage (…). Mais on ne souhaite jamais faire grève. La grève a un coût pour les agents. On sait aussi l’image que cela va encore donner de Marseille. Mais pour discuter positivement, il faut être deux».

Présent à la cérémonie des vœux de FO, Guy Teissier ne s’est pas étendu. Ce n’est pas «le lieu ni le moment pour débattre de ces sujets, a-t-il évacué. Je souhaite simplement vous redire que mon téléphone et mon bureau, ainsi que celui de mes proches collaborateurs, vous sont grands ouverts». Avant de conclure: «L’année 2015 s’annonce mouvementée».