Marseille: Cent heures de travaux d'intérêt général pour les profanateurs de la stèle de Missak Manouchian

JUSTICE Ces deux Marseillais étaient accusés d'avoir profané la stèle du résistant français d’origine arménienne...

A.R.
— 
Le palais de justice de Marseille
Le palais de justice de Marseille — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Cent heures de travaux d’intérêt général. Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné vendredi deux Marseillais qualifiés de militants d’extrême droite par le parquet, à des travaux d’intérêt général pour la profanation de la stèle érigée à la mémoire du résistant français d’origine arménienne Missak Manouchian. S’ils ne les font pas dans un délai de 18 mois, une peine de deux mois de prison sera appliquée.

«Le procès de la bêtise»

Le 6 septembre, le groupuscule d’extrême droite Mouvement populaire nouvelle aurore (MPNA) poste sur le web une vidéo montrant des gens autour du buste de Manouchian. Ils écoutent un discours révisionniste et recouvrent la stèle d’un drap blanc.

Les deux condamnés sont identifiés par la police sur la vidéo mais ils réfutent leur appartenance au MPNA. «Je suis victime des "antifa" de Marseille et je cherchais un groupe pour ne plus être seul, souligne Olivier à la barre. Je ne connais même pas l’histoire de Manouchian.»

Un discours qui ne convainc pas la procureure. «C’est le procès de la bêtise. Je ne veux pas faire offense à votre intelligence mais je ne la vois guère», lance-t-elle aux deux hommes. Elle demande des heures de travaux d’intérêt général, réquisitions bientôt suivies par le tribunal. «La condamnation est symbolique mais cette audience qui intervient dans une actualité particulière a la vertu d’être pédagogique: on a beaucoup parlé de la Résistance», estime Alain Lhole, avocat de l’association Résister aujourd’hui.