Marseille: Deux enquêtes ouvertes sur la page Facebook où s'affichaient des détenus

INSOLITE Les photos publiées montraient des hommes exhibant des billets et de la drogue à l'intérieur de la prison...

20 Minutes avec AFP

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La prison des Baumettes, à Marseille.
La prison des Baumettes, à Marseille. — Anne-Christine Poujoulat AFP

Des enquêtes administrative et judiciaire ont été ouvertes après la découverte d'une page Facebook «MDR o Baumettes» (mort de rire aux Baumettes) montrant des détenus exhibant liasses de billets et produits stupéfiants, a-t-on appris lundi auprès de la direction interrégionale de l'Administration pénitentiaire.

«On a tout de suite pris des dispositions après la découverte de cette page Facebook en ouvrant une enquête administrative et en saisissant le procureur de Marseille», a indiqué Philippe Perron, le directeur interrégional de l'Administration pénitentiaire de Marseille, précisant que cette page avait été depuis fermée par son auteur.

L'auteur n'a pas été identifié

Selon lui, elle a été publiée depuis «l'extérieur» de la prison, avec des clichés «remontés de l'établissement», mais l'auteur n'a pas encore «été identifié» et il a retiré la page dès que «ça a commencé à se savoir».

Alors que cette publication, révélée lundi par La Provence, a suscité la colère de plusieurs syndicats de surveillants de prison qui ont notamment dénoncé « une dérive inquiétante» et une «gestion de club de vacances», Philippe Perron a affirmé que «des fouilles sectorielles», notamment auprès d'individus reconnaissables, ont permis «de retrouver certains des objets présentés».

Dans un communiqué, le Syndicat pénitentiaire des surveillants non gradée (SPS) demande «une fouille générale du centre pénitentiaire de Marseille».

«Un manque de moyens»

De son côté, Thierry Serra de l'UFAP-UNSA justice, dénonce «le manque de moyens» avec un déficit d'une soixantaine d'agents sur cet établissement. «La prison n'impressionne plus, les détenus ont plus peur des règlements de comptes», a-t-il indiqué.

Durant l'été, les syndicats avaient attiré l'attention de la direction sur les problèmes de sécurité liés au chantier «Baumettes 2» d'agrandissement du centre pénitentiaire, alors que des «colis» étaient envoyés depuis l'extérieur dans la cour de promenade.

«700 à 800 téléphones portables» ont été saisis l'an passé, a  affirmé Philippe Perron, preuve selon lui à la fois de «l'efficacité des fouilles» et du niveau d'activité des trafics. «Il existe aujourd'hui des téléphones en matière indétectable par les portiques de sécurité» et «le brouillage des communications» se heurte à l'évolution des technologies comme «le passage à la 4G», remarque encore le directeur interrégional.

Le centre pénitentiaire des Baumettes accueille actuellement 1.800 détenus pour 1.200 places.