Marseille: La Yemenia Airway fait son retour en mars

JUSTICE La compagnie, dont un avion s'était abîmé en mer en 2009 provoquant la mort de 153 personnes, reviendra à Marseille en 2015...

Mickael Penverne

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L'aéroport de Marseille Provence.
L'aéroport de Marseille Provence. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Les avions de la Yemenia Airway devraient à nouveau atterrir sur le tarmac de Marseille-Provence. Selon France 3 Provence-Alpes, la Direction générale de l’aviation civile a donné son autorisation à la compagnie de revenir à l’aéroport de Marignane.

Au siège français de la compagnie, à Paris, on confirme et annonce les premiers vols en mars 2015, «avec de nouveaux avions». Sans autre précision.

En juin 2009, un des avions de la Yemenia, parti de Marseille, s’est abîmé en mer provoquant la mort de 153 personnes. Seule une adolescente, alors âgée de 13 ans, Bahia Bakari, avait survécu, accrochée durant onze heures à un débris de l’appareil avant d’être secourue.

«Des avions poubelle»

Le rapport final de l’enquête avait conclu à «une action inadaptée de l’équipage » au cours d’une « manœuvre non-stabilisée». Depuis la catastrophe, la compagnie avait été bannie de l’aéroport de Marignane.

Son retour fait bondir les familles des victimes. «Ce serait un scandale, réagi Saïd Assoumani, président de l’association des victimes (AFVCA) Qu’est-ce qui a changé depuis cinq ans? Rien. Aucun point ne justifierait un tel retour. La Yemenia est une compagnie étrangère qui n’a jamais écouté la justice française. Et en contrepartie, on leur fait ce cadeau?»

Pour Christophe Pinel, l’avocat de trois familles de victimes, ce retour signifierait aussi une «provocation». «La Yemenia Airway a contourné le droit aérien et a fait voyager des citoyens français dans un avion poubelle, indique-t-il. Elle n’a pas la moindre considération pour les victimes. Les larmes des familles auraient-elles moins de valeur en fonction de la couleur de peau?»

La Yemenia Airway a été mise en examen en novembre 2013 pour homicides involontaires. La procédure pénale est toujours à l’instruction. En revanche, la procédure civile est bientôt terminée. Les demandes de dommages et intérêts s’échelonnent de quelques milliers d’euros à 1,2 million d’euros. Le tribunal de grande instance d’Aix-en-Provence, qui a étudié l’affaire en septembre, devrait rendre son jugement le 19 février.