La Chocolaterie de Provence à Saint-Menet dans le 11e arrondissement.
La Chocolaterie de Provence à Saint-Menet dans le 11e arrondissement. — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

ECONOMIE

Marseille: La Chocolaterie de Provence renait de ses cendres

Rachetée en 2012 par des entrepreneurs russes, la Chocolaterie de Provence, basée à Marseille, s'est orientée sur le marché casher à l'export...

Pour la première fois depuis deux ans, la Chocolaterie de Provence a entrouvert ses portes. Rachetée en 2012 par deux sociétés russes (DAR et UEM), l’ancienne usine Net Cacao s’était repliée sur elle-même. Mercredi, Yulia Serykh, la nouvelle directrice générale, a enfin levé le voile sur cette nouvelle entreprise.

En deux ans, beaucoup de choses ont changé sur le site de Saint-Menet (11e). Sur les 180 salariés de Net Cacao, il n’en reste plus qu’une vingtaine. L’entreprise emploie aujourd’hui une cinquantaine de salariés.

Déjà propriétaires d’un site d’exploitation des fèves de cacao en Côte d’Ivoire, les Russes ont investi 15,5 millions d’euros pour moderniser l’outil de production et l’adapter à leur stratégie. Car ils ont vite compris qu’il était inutile de tenter une percée sur le marché français déjà saturé. Ils ont donc opté pour un marché de « niche » : le casher à l’export.

Un chiffre d'affaires en hausse

Yulia Serykh évalue ce marché mondial à plus de 10.000 tonnes par an. La Chocolaterie de Provence produit environ 2.000 tonnes de chocolat (sous forme de tablettes et de «gouttes»), dont 80% est garantie casher grâce à ces trois lignes de production «labellisées» par l’Orthodox Union, un organisme de certification américain.

Ses clients se trouvent principalement en Russie, aux Etats-Unis, en Israël et en Allemagne. «C’est plus cher de produire casher mais c’est une bonne niche, explique Yulia Serykh. Parce que c’est plus facile d’être compétitif sur ce marché» où la concurrence est moins importante.

La stratégie semble payante puisque le chiffre d’affaires de l’entreprise est passé de 1,5 million d’euros en 2012 à 7,5 millions d’euros en 2014. Le retour à l’équilibre financier est attendu dès l’année prochaine.

Les tablettes de la Chocolaterie de Provence ne sont pas encore disponibles dans les commerces français. Elles seront en vente uniquement dans la boutique de l’usine à Saint-Menet, à partir de lundi. À quel prix? «Peut-être à un euro», hésite Yulia Serykh. «Le prix de vente n’a pas encore été fixé», corrige Philippe Scano, directeur d’établissement. La Chocolaterie propose sept tablettes différentes dans le segment moyenne gamme.