Affaire Guérini à Marseille: Quatre questions pour tout comprendre

JUSTICE Jean-Noël Guérini a été relaxé lundi matin après des soupçons de détournement de fonds publics, mais reste mis en examen dans une affaire de marchés publics présumés frauduleux...

A.R.
— 
Le sénateur ex-PS Jean-Noël Guérini au tribunal correctionnel de Marseille, le 13 octobre 2014.
Le sénateur ex-PS Jean-Noël Guérini au tribunal correctionnel de Marseille, le 13 octobre 2014. — Anne-Christine Poujoulat AFP

Le premier procès du président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini s’est soldé lundi matin par une relaxe. Dans cette affaire de licenciement présumé abusif d'un de ses ex-collaborateurs, le tribunal correctionnel de Marseille a considéré que les «faits de détournement de fonds publics» n'étaient «pas caractérisés». Son ex-collaborateur, Jean-David Ciot, poursuivi pour recel, a également été relaxé.

Réélu sénateur en septembre, Jean-Noël Guérini, l’ex-homme fort du PS dans les Bouches-du-Rhône, est mis en examen depuis 2011 et 2013 dans deux volets concernant une affaire de marchés publics présumés frauduleux.

1. Comment débute l’affaire des marchés publics?

Elle démarre en février 2009 par une lettre anonyme envoyée au parquet de Marseille. Ce courrier détaille un présumé système de favoritisme au Conseil général des Bouches-du-Rhône. En avril, une information judiciaire contre X est ouverte. Auditions et perquisitions s’enchaînent alors. L'enquête, toujours en cours, porte sur des soupçons de trafic d’influence, de prises illégales d’intérêts et de détournements de fonds publics.

2. Pourquoi une mise en examen?

Le président du Conseil général, Jean-Noël Guérini, est soupçonné de favoritisme au bénéfice de son frère, Alexandre. Ce chef d’entreprise, aurait été privilégié lors de l’attribution de marchés publics pour le ramassage et le traitement de déchets dans le département. 

Ce dernier est mis en examen en décembre 2010 pour abus de biens sociaux, détournement de fonds et de biens publics, recel, corruption active, trafic d'influence et détention de munitions. Il est écroué à Luynes le 1er décembre 2010. Il en sort le 18 mai 2011 après le versement d'une caution de 300.000 euros.

En septembre 2011, Jean-Noël Guérini est à son tour mis en examen pour prise illégale d'intérêt, trafic d'influence, association de malfaiteurs et complicité d'obstacle à la manifestation de la vérité. La justice lui reproche d’avoir remplacé les disques durs des ordinateurs du Conseil général juste avant une perquisition.

D’après des écoutes téléphoniques menées par la section de recherche de Marseille et révélées par Le Parisien en février 2011, le président du Conseil général aurait aussi averti son frère de l’ouverture d’une information judiciaire.

3. Quels autres faits lui sont reprochés?

En avril 2013, l’élu est placé en garde à vue chez les gendarmes. Victime de problème de tension, le président du Conseil général est hospitalisé. Il est convoqué en juin par le juge d’instruction Charles Duchaine, qui parle de dossier «à caractère mafieux». Le sénateur, dont l’immunité parlementaire a été levée, arrivera dans son bureau avec deux heures de retard, à cause «d’un rendez-vous chez le docteur pris de longue date».

Il est mis en examen une troisième fois dans un volet de l’affaire des marchés publics. Cette fois pour trafic d'influence, atteinte à la liberté d'accès ou à l'égalité des candidats dans les marchés publics et participation à une association de malfaiteurs en vue de la commission des délits de trafic d'influence, de corruption et de détournements de fonds publics.

4. Quelles seront les conséquences politiques?

Les enquêtes judiciaires continuent. Côté politique, clamant son innocence, Jean-Noël Guérini, a toujours refusé de quitter son fauteuil au Conseil général qu’il préside depuis 1998. Démissionnaire du Parti socialiste et fort de son succès aux sénatoriales à l’issue desquelles il obtient trois sièges, il crée son propre parti politique La force du 13. Son but est de rester le patron du département.

Vingt-deux conseillers généraux socialistes ou divers gauche (FdG et PRG) ont très vite appelé à «une large alliance des élus de la majorité sortante» avec lui.

Mercredi, un vote était organisé pour désigner les candidats investis par le PS pour ces élections départementales, vote ratifié vendredi lors d’une convention fédérale. Sur les 29 cantons, la fédération socialiste présente 17 candidats, dont huit ont appelé au rassemblement autour de Jean-Noël Guérini.